Archives de la catégorie Économie
DÉBAT SUR LE PIB : Pour une appréciation économique des ressources
Posté par GEDI dans Environnement, Politique, Économie le 2 octobre 2009
Cet article a été rédigé par Joëlle Girard, étudiante au baccalauréat en communication politique de l’UQAM et stagiaire en communication auprès de Génération d’idées. Tout cela dans le simple but de provoquer chez vous une réflexion.
Depuis la création, par Nicolas Sarkozy, de la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social présidée par Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001, le débat autour de la pertinence du PIB est omniprésent. Mais qu’est-ce qui cloche avec le PIB exactement ?
Rien de bien alarmant, en fait. Malgré son imprécision, le PIB calcule bien ce qu’il doit calculer, soit la valeur de marché de l’ensemble des biens et services produits sur un territoire donné au cours d’une période donnée. Ce qui ne tourne pas rond, c’est comment depuis 60 ans, le progrès économique et social est réduit à cette simple mesure. Il est évident qu’il est impossible de saisir la réalité complexe de nos sociétés grâce à une seule statistique, surtout si cette dernière ne tient pas compte de facteurs déterminants comme l’épuisement des ressources naturelles ou les dommages environnementaux. L’accroissement de la production n’est visiblement pas un synonyme parfait de bien-être, qualité de vie ou bonheur. Il est de plus en plus indéniable que la mesure du progrès doit absolument intégrer divers facteurs difficilement saisissables dont l’épuisement des ressources et la qualité de l’environnement.
Le fait que le PIB soit une mesure trop réductrice pour calculer le bien-être est admis depuis fort longtemps. Mais désormais que cette Commission est sur pied, est-ce que des termes vieux d’une trentaine d’années comme «développement durable» ou encore «croissance soutenable» trouveront une considération sincère et véritable ? Croyez-vous que grâce à de meilleurs outils statistiques, les analyses économiques et, par extension, les habitudes de consommation, pourraient s’orienter différemment au point où il serait possible de dépasser le rudimentaire «consommez plus!» pour se diriger vers le plus raffiné «consommez mieux…» ?
Source :
http://www.ft.com/cms/s/0/95b492a8-a095-11de-b9ef-00144feabdc0.html?nclick_check=1
Le social et le capital, une conciliation inimaginable?
Posté par Etienne Langdeau dans Politique, Société, Économie le 28 janvier 2009
Le remaniement récent du décor politique québécois laisse entrevoir l’émergence d’une dualité renouvelée opposant les groupuscules situés aux deux extrémités du spectre politique (i.e. la gauche socialiste incarnée par Québec solidaire et la droite économique représentée notamment par l’Institut économique de Montréal). Cette opposition où l’on retrouve les forces du « bien » (le social et l’environnemental) et les forces du « mal » (le capital et le marché) ne date évidemment pas d’hier, mais il semble que ce fossé idéologique traditionnel se creuse progressivement au Québec.
D’une part, il y a les fervents du « capital » qui sont prêts à vendre corps et âme en échange de quelques points de rendement supplémentaires, même si cela se fait au détriment de l’environnement ou des moins biens nantis. Selon cette école de pensée, il est préférable de jouer à l’autruche à court terme (afin de protéger les gains actuels) en espérant que le marché sera assez flexible pour absorber les retombées à long terme. Il est alors permis de faire une abstraction quasi totale des enjeux non monétaires (c’est-à-dire les enjeux sociaux). Cette confiance aveugle dans un système que l’on pousse à pleine vapeur est tout à fait illogique.
D’autre part, on retrouve les défenseurs du social et de l’environnemental qui prônent le partage de la richesse, le développement durable et la solidarité sociale. On ne peut évidemment pas s’opposer à la vertu. Par contre, dans un monde où tous ces souhaits impliquent nécessairement des fonds publics, il faut évidemment avoir les moyens de ses ambitions. C’est justement ces moyens que le « capitalisme » offre à la société québécoise. Effectivement, c’est ce même « capital » qui nous offre un niveau de vie sans précédent dans l’histoire de l’humanité et qui nous permet d’investir comme jamais dans le développement et la protection de la dimension sociale. Cette fixation quasi maladive sur la création de la richesse n’est donc pas nécessairement contre-productive si elle est gérée lucidement dans une perspective de développement durable.
Un examen de conscience collectif est donc incontournable si l’on souhaite véritablement se préparer pour les enjeux critiques qui nous guettent si le statu quo actuel n’est pas renversé. Un échange sérieux entre les différents groupuscules doit être entamé afin de déterminer quels échanges seront profitables pour ces intérêts divergents en apparence.
Quelques exemples :
§ Augmenter les tarifs d’électricité pour réduire la surconsommation d’énergie (enjeu environnemental) et pour engendrer des revenus supplémentaires afin de réduire le fardeau de la dette (enjeu économique – alléger le service de la dette qui est de 7,6 milliards de dollars annuellement);
§ Permettre l’insertion raisonnable du privé dans le domaine public (pour les services complémentaires) afin de concentrer les ressources disponibles sur le développement des services essentiels (enjeu social – améliorer la qualité des services);
§ Ajuster les frais de scolarité selon l’inflation pour assurer la pérennité de l’enseignement (enjeu social) et pour améliorer la représentativité des coûts (enjeu économique – principe d’utilisateur/payeur);
§ Alléger les structures gouvernementales pour dégager des revenus qui permettront, entre autres, d’entretenir nos infrastructures en pleine décrépitude.
Il s’agit de mesures simples et concrètes qui sont évidemment discutables et facilement contestables selon les paradigmes largement répandus (qu’ils soient de droite ou de gauche). Par contre, avec un minimum d’ouverture d’esprit, on réalise rapidement que l’on ne peut pas toujours avoir le beurre et l’argent du beurre. On en revient toujours à l’idée qu’une petite pizza partagée équitablement est toujours moins intéressante qu’une grande pizza où les plus petits morceaux demeurent nettement plus gros.
Dans cette perspective, ces actions, qui peuvent être interprétées comme des reculs sociaux de prime abord, permettront, à terme, de dégager une marge de manœuvre qui donnera une plus grande latitude et une plus grande capacité d’intervention dans les domaines critiques pour le développement durable de notre société.
Étienne Langdeau
Déficit démographique et générations futures : en avons-nous les moyens ?
Posté par Jean-David Tremblay-Frenette dans Société, vieillissement de la population, Économie le 28 janvier 2009
Les Nations Unies prévoient que le Canada verra sa population croître de 0,7% environ entre 2015 et 2020, et sa population en âge de travailler, de 0,4% pour la même période contre 0,8% et 1,4% (!) respectivement pour la période de 2005 à 2010. De plus, le ratio de dépendance, c’est-à-dire le nombre de dépendants à la retraite par personne en âge de travailler, augmentera du tiers d’ici 2050. Quelles sont donc les conséquences économiques à venir de telles modifications à la composition démographique de notre pays?
Le fait que le taux de natalité ait diminué sans cesse au cours des dernières décennies amènera le Canada à voir sa population en âge de travailler diminuer substantiellement dans l’avenir. Quelle importance, nous direz-vous? Une étude américaine a récemment démontré qu’une hausse de la proportion de la population en âge de travailler générait un « dividende démographique »[1], qui augmente le taux de croissance économique.
Allons un pas plus loin : une importante portion des transferts de richesse entre notre pays et l’étranger par le biais du produit intérieur brut peut se décomposer en l’apport net entre deux éléments : nos épargnes nationales et le niveau d’investissement. Le vieillissement de la population a un impact direct sur ces deux composantes. En effet, la rareté de la main-d’oeuvre à venir en proportion du capital économique disponible produira un déclin du rendement réel observé sur le capital. De plus, lorsque les baby-boomers prendront leur retraite d’une manière massive, ils réduiront alors leur niveau d’épargne, devant piger dans les sommes amassées afin de se payer des retraites « dorées ». Pour que l’équilibre se maintienne, il sera plus optimal de réduire le stock de capital dont les travailleurs disposeront. Ce faisant, nos entreprises ne pourront trouver domestiquement les fonds nécessaires pour investir autant en capital humain qu’en capital physique. Dans le contexte d’une économie davantage axée sur le savoir, comment pourrons-nous alors, comme nation, se distinguer face à la concurrence féroce d’autres pays développés?
On peut cependant argumenter qu’un travailleur plus âgé devient plus productif avec le temps. Par contre, on en arrive ultimement à un point où les effets physiques et mentaux du vieillissement peuvent contrecarrer les bénéfices tirés de l’expérience sur la productivité (définie comme la somme des extrants de production par rapport au nombre de travailleurs). Comment pallier ces problématiques? Par des investissements soutenus et massifs dans les domaines de l’éducation et des technologies. Seuls des jeunes plus éduqués seront en mesure d’utiliser des technologies plus productives au sein de l’ensemble des secteurs de l’économie. Lorsque l’on songe que la multinationale Procter & Gamble se targue d’avoir vu sa productivité améliorée grâce à l’introduction d’une version maison de Twitter…
D’ores et déjà, l’on devra s’attendre à certaines inégalités. Il ne suffit pas de constater que les ménages à la retraite disposent, en moyenne, d’un revenu moindre que les ménages sur le marché du travail. Ces réalités fort contrastantes sur le plan économique seront les plus perverses dans les régions où l’accroissement des ménages à la retraite sera le plus marqué. Ces inéquités se refléteront-elles dans des mouvements de contestation sociaux plus fréquents et de nature différente par rapport à ce que l’on connaît de nos jours?
Qu’arrivera-t-il aux dépenses gouvernementales reliées aux effets du vieillissement de la population? Il est à parier que la part des dépenses publiques en soins de santé continuera sa croissance fulgurante, mais non moins spectaculaire sera la diminution de l’assiette fiscale à laquelle nos gouvernements auront accès! Accepterons-nous d’être imposés davantage que nous le sommes présentement?
Nous croyons que la solution réside dans l’adoption d’un système visant la prise en charge plus individualisée du revenu de retraite. Laissons à nos gouvernements le soin de mettre plutôt l’accent sur la richesse collective par la poursuite d’objectifs précis en termes d’accès et de niveau d’éducation, ainsi que sur le plan d’une économie à la fine pointe quant aux technologies employées. L’introduction du CELI (compte d’épargne libre d’impôt) afin de complémenter le REER (régime enregistré d’épargne-retraite) est un pas essentiel dans ce sens. Responsabilisation est le mot clé ici. Le passage de l’âge de la retraite de 65 à 70 ans serait bénéfique aux fins de nos régimes de pension, bien entendu, et de la productivité. On se doit d’agir prestement pour mettre différentes mesures sociétales en marche, car sinon, la réalité démographique de la très jeune force de travail des pays émergents nous rattrapera, et il sera plus sensé d’aller non seulement y investir à long terme, mais aussi de prendre notre retraite dans ces pays…
Jean-David Tremblay-Frenette
[1] “Does age structure forecast economic growth”, Bloom et al., NBER, Juillet 2007.
Le droit à la gratuité des transports en commun
Posté par Nicholas Cerminaro dans Environnement, Politique, Économie le 28 octobre 2008
À une époque où le prix du baril de pétrole peut presque tripler sur cinq ans (voire même presque doubler sur un an!), à une époque où les effets des changements climatiques se font sentir de plus en plus, à une époque où la perte de productivité liée à la congestion dans les centres urbains augmente sans cesse et où notre réseau routier est tiré à l’extrême limite, il est urgent de repenser notre système de transport en commun.
Comme société, il m’apparaît évident que notre prospérité future passe par un investissement massif dans le transport en commun, mais surtout par une révolution dans son mode de financement. Non seulement faut-il augmenter l’offre de service de trains, d’autobus et de métros, mais il faut remettre en question le système d’utilisateur/payeur qui finance au bas mot la moitié des coûts d’opération de nos systèmes de transport en commun. À Montréal, par exemple, le budget de la Société de transport de Montréal frôle maintenant le milliard de dollars annuellement et ce sont les revenus liés à la vente des titres de transport qui financent près de la moitié de ce budget d’opération.
Il est insensé de faire subir le coût du système de transport en commun aux voyageurs qui polluent le moins et qui désengorgent notre réseau routier, surtout quand l’on considère que selon les chiffres avancés par la STM, près de 45% des voyageurs qui utilisent le transport en commun proviennent d’un ménage dont le revenu annuel est inférieur à 40 000 $ (et près de 20% d’un ménage dont le revenu annuel est inférieur à 20 000 $). Il faut donc rapidement prôner la gratuité des transports en commun et rétablir la tarification de l’utilisation de l’automobile pour les déplacements en milieu urbain.
La première étape est sans doute de rétablir les péages sur les voies donnant accès aux centres des métropoles. Déjà, Londres, Singapour et Stockholm l’ont fait. Lorsque les journaux rapportaient que la Ville de Montréal s’apprêtait à imposer des péages sur les ponts donnant accès à l’île, on sentait déjà les banlieusards monter aux barricades. L’idée n’est pas de pénaliser les gens qui résident à l’extérieur du centre-ville et qui y voyagent pour travailler, mais plutôt de les encourager à modifier leurs habitudes de voyagement. Il est primordial que l’apparition de péages ou de taxes sur la congestion soit accompagnée d’une augmentation crédible de l’offre de transport en commun et que les recettes des péages et taxes soient affectées à son financement.
De plus, il y a une iniquité inhérente au fait de subventionner les automobilistes. Ce sont eux qui utilisent le système routier sans avoir à effectuer de déboursés directs (ce sont des utilisateurs/non-payeurs). Or, c’est un réseau qui coûte très cher à entretenir, et d’après certains documents du ministère des Transports, Québec prévoit investir près de 12 milliards d’ici 2012 pour la modernisation du réseau routier. Le gouvernement serait mal avisé d’essayer de refiler une facture de près de 6 milliards aux automobilistes comme « droit d’utilisation » du réseau routier, mais on trouve normal que les utilisateurs du transport en commun financent près de 50% des frais du système.
Et 12 milliards ce n’est que pour l’entretien. Les coûts véritables liés au transport routier comprennent non seulement la modernisation et l’entretien des routes, mais aussi la perte de productivité des citoyens, les accidents de la route et les coûts de santé reliés aux soins aux victimes, la sécurité routière, etc. Quand on fait le calcul, le coût moyen du kilomètre-passager dans cinq grandes villes canadiennes (Montréal, Toronto, Ottawa, Vancouver et Calgary) peut s’élever à 0,46 $ dans le cas de l’automobile – comparativement à 0,12 $ dans le cas du transport en commun. Une différence de 74 %. La Chambre de commerce de Toronto estime que les embouteillages à eux seuls coûtent environ 2 milliards par année en perte de productivité à la région du grand Toronto.
Enfin, il ne faut pas sous-estimer l’impact environnemental du transport routier. Au Québec, le secteur des transports compte pour 38% de la production des gaz à effet de serre. La Ville de Montréal prévoit un accroissement de 112 000 déplacements matinaux en voiture d’ici 2021 sur l’île.
Il est temps que les mentalités changent. Il faut cesser de s’acharner sur les voyageurs qui adoptent un comportement qui est dans l’intérêt de la collectivité et de l’environnement. Il est temps d’implanter la gratuité des transports en commun.
Nicholas Cerminaro
Plus vert dans notre cour - L’achat local
Posté par Marianne Girard dans Environnement, Économie le 28 octobre 2008
Enfants, nous avons tous entendu l’adage suivant : « Termine ton assiette, pense aux petits Africains …». Et moi, enthousiaste de répondre : « Maman, à quelle adresse je poste mes petits pois ? » Vite, on m’a appris que ce n’est pas si simple ! Obstinée, guidée par un ardent désir d’humanité, je voulais comprendre pourquoi il existe tant d’inégalités.
Plus tard, au secondaire, en étudiant la Grande Guerre, on m’a enseigné une découverte qui m’agite encore. En Pologne, les premiers essais d’armes chimiques, vouées, bien sûr, à tuer l’ennemi. Quelques années plus tard, naissaient les pesticides et une longue lignée de produits destinés à éliminer une vie sensiblement nuisible. Aujourd’hui, suivant les avancées technologiques, nous les introduisons génétiquement dans la chaîne alimentaire. L’état du corps humain expose visiblement le résultat…
Au cégep, dans le cadre de mon cours de biologie, j’ai été initiée à la biodiversité. J’y ai appris que la liste des espèces en voie de disparition s’allonge et sagement, à travers ses écrits et ses discours, Hubert Reeves annonce que l’humain pourrait s’y ajouter. Tant d’années d’évolution pour risquer de tout perdre en quelques années… Puis, la fameuse «attaque» en sol américain m’a brusquement éveillée. Mon confort et ma liberté sont compromis, ma survie. Hubert Reeves avait peut-être raison…
Mon passage dans une école de gestion m’a présenté deux visages de notre système. J’ai réalisé qu’il était possible de «profiter» des structures actuelles pour commercer tout en adoptant des méthodes plus équitables… Un court séjour au Bénin a poussé mes interrogations sur l’importance du régionalisme, de la valeur ajoutée et de la diversité locale. Comment ici, par nos choix de consommation, pouvons-nous, maintenant, prendre un virage plus sain ? Notre sécurité va-t-elle de pair avec notre souveraineté alimentaire ? Une réflexion immédiate s’impose, à chacun de la faire; d’où l’importance de l’accès, de la qualité et de la rigueur de l’information.
Comprendre les conditions du commerce équitable et les intégrer au Québec par l’achat local sont des défis collectifs qu’il nous faut rapidement mettre en œuvre. La richesse est certainement présente chez nous, pourtant elle semble s’exiler de nos maisons. Le respect de nos acquis sociaux et de nos conditions de travail est primordial si nous voulons subvenir aux besoins de nos familles. Si notre travail a une valeur, nous devons être prêts à payer le juste prix du produit et du service qui en découlent. Mettre au régime nos dépenses pour mieux consommer et encourager nos entreprises, ce n’est pas du protectionnisme, c’est du gros bon sens.
Les changements climatiques devraient influencer l’utilisation du transport et ainsi nous amener à nous interroger sur ce qui pousse dans nos champs. En apprenant sur ceux qui nous nourrissent et la provenance de nos produits, nous sommes en meilleure position pour évaluer leur qualité, donc leur prix. Une transparence des ingrédients, tout comme des intermédiaires, pourrait nous indiquer à qui profitent nos dépenses quotidiennes. À nous d’avoir du discernement, puisque notre santé dépend de ce que nous ingérons. Ce n’est pas égoïste de vouloir garder notre richesse ici.
La consommation de masse peut s’appliquer à plusieurs industries, mais lorsqu’il s’agit d’un besoin vital, des valeurs plus humaines doivent s’imposer. Le commerce équitable rappelle également plusieurs notions coopératives d’une activité économique : la mise en commun des compétences, la diversité des participants, l’accès au capital, le regroupement des achats, l’intégration du pouvoir démocratique, le réinvestissement communautaire, … C’est dans le même ordre d’idées que le développement durable, les responsabilités sociales des entreprises et l’éducation à la citoyenneté. Alors, plusieurs solutions sont déjà connues… Qu’attendons-nous pour agir ? Une campagne électorale?
Il me semble que je mâche un discours qui est sur toutes les bouches. Nous sommes conscients d’une quantité incroyable de problèmes, mais il nous manque un «je ne sais quoi» pour amorcer un réel mouvement de changement. Nous avons pourtant chacun un pouvoir si grand sur nos vies et il est en train de nous glisser entre les mains. Il est temps que chacun s’arrête et retrouve l’«Être» qui dicte nos gestes quotidiens. Peut-être que la recherche individuelle du bonheur contribuera à l’amélioration de notre qualité de vie collective. J’ose y croire puisque j’y consacre toutes mes activités et je ne suis pas la seule. Nous vivons dans un monde de solutions et c’est maintenant qu’elles doivent être mises en application. Puisque la révolution ne semble pas à la mode, c’est simplement un geste à la fois que nous ramènerons un peu d’humanité sur cette planète en manque d’amour.
Marianne Girard
Le marketing peut-il changer le monde?
Posté par Bernard Fleury dans Société, Économie le 28 octobre 2008
Un climat d’inquiétude se propage. Il est clair que plusieurs fléaux courants ont des conséquences progressivement plus graves et réclament une action urgente :
- Réchauffement planétaire- Nous devons diminuer l’émission de gaz polluants pour prévenir des catastrophes climatiques et humaines importantes.
- Pauvreté dans le tiers-monde- Il nous faut réduire la pauvreté extrême et les conflits qui semblent en découler de plus en plus fréquemment.
Ces actions urgentes peuvent et doivent passer par un changement de notre façon de faire des affaires et de consommer. D’abord, elles le doivent parce que plusieurs crises ont été provoquées dans le dernier siècle par notre mode de consommation et de gestion de nos entreprises. Ensuite, elles le peuvent parce que nos choix économiques ont véritablement la capacité de réduire notre empreinte écologique, de mieux répartir la richesse dans le monde et de mieux protéger notre santé.
Nous pouvons maintenant consommer en meilleure connaissance des impacts de nos choix. Les guides comme Shopping for a Better World nous informent sur les conditions de travail, la responsabilité sociale et la gestion écologique des entreprises dont nous achetons les produits. Et les groupes comme Équiterre nous mettent en contact directement avec des producteurs dont nous pouvons connaître les pratiques environnementales. Ainsi, les chercheurs parlent de l’émergence d’un « facteur moral du marché »1, où les consommateurs choisissent autant par la valeur des produits que par la valeur sociale des entreprises qui les produisent.
Nous pouvons aussi maintenant voir l’activité économique avec une nouvelle notion de ce que veut dire « produire de la valeur ». Selon Carly Fiorina, ancienne P.D.G. de Hewlett-Packad, « (…) les compagnies gagnantes de ce siècle seront celles qui prouveront par leurs actions qu’elles peuvent être profitables et augmenter la valeur sociale – des compagnies qui vont bien et qui font du bien… »2
Le Marketing peut faciliter ces changements de consommation
L’omniprésence et l’influence du marketing et de la publicité est indéniable. Un Canadien moyen écoute plus de vingt-sept (27) heures de télévision par semaine 3 et serait exposé à entre deux cent et trois mille publicités par jour, sous une forme ou une autre.
Or, certaines grandes entreprises ont changé leur modèle d’affaires et se servent déjà du marketing de façon positive pour modifier les perceptions et comportements des consommateurs.
Toyota, en prenant le leadership dans la popularisation de la voiture hybride, a pris le pari de changer nos perceptions sur cette technologie émergente et de la rendre plus accessible. En forçant ses concurrents à accélérer la recherche et développement sur les véhicules moins énergivores et en mettant sur la route plus d’un million de véhicules hybrides dans le monde en 2007, cette entreprise est effectivement en train de modifier pour le meilleur nos comportements d’achat d’automobiles.
L’entreprise Body Shop a aussi changé les comportements des consommateurs en amenant au premier plan la question du testage sur les animaux et en offrant à grande échelle des choix alternatifs. Sa mission demeure aujourd’hui de protéger la planète, d’encourager le commerce communautaire et équitable, de s’opposer au testage sur les animaux, de défendre les droits humains et d’augmenter l’estime de soi.
Finalement, l’entreprise Ben & Jerry’s a modifié notre façon de voir en présentant un exemple d’entreprise véritablement fondée sur une mission d’amélioration sociale et environnementale. L’entreprise, afin de soutenir les fermes familiales et les communautés rurales, décide de verser un prix équitable aux fermiers pour leurs produits, incluant un demi-million en primes en 1991 lors d’une chute du prix du lait. Ben & Jerry’s peut fournir du crédit et du financement à ses fournisseurs certifiés équitables et a même éduqué les consommateurs à militer eux aussi contre l’usage d’hormones bovines de croissance aux États-Unis.
Un appel à la réflexion pour les gens d’affaires
À un moment où la Terre et le Monde réclament du changement, où les compagnies sont désespérément à la recherche de la fidélité des clients et de la rétention du personnel, où les actionnaires deviennent militants et où tous les ayants-droits tendent l’oreille aux mises en garde des activistes, les entreprises doivent s’adapter aux exigences morales, sociales et environnementales du contexte d’affaires. Dans le cadre de ce forum fourni par Génération d’idées, j’appelle chaque praticien du marketing et chaque personne d’affaires à la réflexion sur les valeurs et le patrimoine qu’il veut léguer au Québec et au Monde.
Bernard Fleury
1 Hess, Rogovsky et Dunfee, The Next Wave of Corporate Community Involvement : Corporate Social Initiatives” California Management Review 44, no. 2, Hiver 2002, p.114
2 Carly Fiorina, ancienne Présidente de Hewlett-Packard. Allocution au Business for Social Responsibility Annual Conference . Novembre 2003.
3 Conseil de la Radiodiffusion et des Télécommunications Canadiennes, Rapport de surveillance de la politique sur la radiodiffusion 2007.


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