Archives de la catégorie Politique
L’ONU EST-ELLE NÉCESSAIRE? de Jean-François Sylvestre
Posté par Jean-François Sylvestre dans Politique le 5 octobre 2009
APRÈS PLUS DE 60 ANS D’HISTOIRE, L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES (ONU) EST INTERVENUE DANS DE MULTIPLES CONFLITS À TRAVERS LE MONDE POUR MAINTENIR LA PAIX. AUJOURD’HUI, IL EST TEMPS DE SE POSER LA QUESTION: L’ONU EST-ELLE UTILE ET EFFICACE? UNE INTERROGATION DIFFICILE, TANT LA QUESTION EST COMPLEXE, MAIS NÉCESSAIRE. Lire la suite »
JUSTICE RÉPARATRICE,UN CHEMIN D’AVENIR de ESTELLE DROUVIN
Juriste de formation, je m’interroge sur l’impact d’un système judiciaire répressif: gagne-t-on la paix sociale à force de punition et d’exclusion?Arrivée depuis trois ans au Canada, j’ai été attirée par les démarches de justice réparatrice proposées ici, alors qu’elles sont inexistantes dans mon pays d’origine, la France. À l’automne dernier, j’ai participé à une rencontre détenus-victimes dans un établissement de détention fédéral. J’étais représentante de la communauté, un rôle qui permet d’être témoin d’une démarche courageuse et libératrice tant de la part de personnes détenues que de celles victimes. Lire la suite »
DÉBAT SUR LE PIB : Pour une appréciation économique des ressources
Posté par GEDI dans Environnement, Politique, Économie le 2 octobre 2009
Cet article a été rédigé par Joëlle Girard, étudiante au baccalauréat en communication politique de l’UQAM et stagiaire en communication auprès de Génération d’idées. Tout cela dans le simple but de provoquer chez vous une réflexion.
Depuis la création, par Nicolas Sarkozy, de la Commission sur la mesure de la performance économique et du progrès social présidée par Joseph Stiglitz, prix Nobel d’économie en 2001, le débat autour de la pertinence du PIB est omniprésent. Mais qu’est-ce qui cloche avec le PIB exactement ?
Rien de bien alarmant, en fait. Malgré son imprécision, le PIB calcule bien ce qu’il doit calculer, soit la valeur de marché de l’ensemble des biens et services produits sur un territoire donné au cours d’une période donnée. Ce qui ne tourne pas rond, c’est comment depuis 60 ans, le progrès économique et social est réduit à cette simple mesure. Il est évident qu’il est impossible de saisir la réalité complexe de nos sociétés grâce à une seule statistique, surtout si cette dernière ne tient pas compte de facteurs déterminants comme l’épuisement des ressources naturelles ou les dommages environnementaux. L’accroissement de la production n’est visiblement pas un synonyme parfait de bien-être, qualité de vie ou bonheur. Il est de plus en plus indéniable que la mesure du progrès doit absolument intégrer divers facteurs difficilement saisissables dont l’épuisement des ressources et la qualité de l’environnement.
Le fait que le PIB soit une mesure trop réductrice pour calculer le bien-être est admis depuis fort longtemps. Mais désormais que cette Commission est sur pied, est-ce que des termes vieux d’une trentaine d’années comme «développement durable» ou encore «croissance soutenable» trouveront une considération sincère et véritable ? Croyez-vous que grâce à de meilleurs outils statistiques, les analyses économiques et, par extension, les habitudes de consommation, pourraient s’orienter différemment au point où il serait possible de dépasser le rudimentaire «consommez plus!» pour se diriger vers le plus raffiné «consommez mieux…» ?
Source :
http://www.ft.com/cms/s/0/95b492a8-a095-11de-b9ef-00144feabdc0.html?nclick_check=1
Les possibilités d’un Obama canadien (ou québécois)
Posté par Bello Bakary dans Politique, Société le 28 janvier 2009
Difficile d’oublier la date du 4 novembre 2008, jour de l’élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis. Difficile d’effacer ces images de joie planétaire. Difficile de ne pas être frappé par un frisson d’émotion. Difficile de ne pas essuyer une larme. Facile il y a quelques mois de condamner l’Amérique, de mettre tous les maux du monde sur le dos de ce pays. Difficile aujourd’hui, du moins pour l’instant, de soutenir ce discours antiaméricain. Une élection a suffi pour réconcilier l’Amérique et le reste du monde. Et cela grâce à Barack Obama et au système politique américain. Alors, les possibilités qu’un Obama canadien ou québécois émerge existent-elles ici?
La première possibilité, c’est de le dénicher. Il existe quelque part dans ce vaste pays. Et même s’il n’est pas encore né, couples canadiens, à vos lits. Il en sortira un, un jour. Enfin, peut-être… Peu importe sa race, sa provenance, ses origines. En ces temps où tous les sondages d’opinion montrent une fatigue politique générale. Au moment où les citoyens, pour remédier à cette fatigue, installent des gouvernements minoritaires, nos politiciens, eux, n’ont rien compris. Ils multiplient les élections, les promesses, les chicanes partisanes, etc. Ils ont même réussi l’exploit de fabriquer, en période de crise économique, une crise politique à Ottawa. Conséquence : l’électorat a décroché, surtout après avoir suivi avec passion les élections américaines. L’« Obamania » a frappé tout le monde. Canadiens et Québécois veulent croire en leur Obama, ici. Ils rêvent de le voir faire ses premiers pas. Ils attendent qu’il les fasse rêver. Qu’il leur parle d’espoir. Qu’il leur dise que les temps sont difficiles, mais qu’il ne faut pas désespérer.
La seconde possibilité réside dans la capacité de nos partis politiques à faire la place aux jeunes. À leur ouverture, à la sophistication de leurs systèmes de cooptation, à leurs aptitudes à insuffler du sang neuf. Mais nos partis sont des machines lourdes et labyrinthiques peu disposés à le faire. Peu enclins à propulser vite et bien une nouvelle tête. Pour le reste, ce Obama canadien doit compter sur lui-même. Il doit avoir du charisme pour inspirer les autres. De la compassion pour émouvoir le public. De la sincérité lorsqu’il parle des problèmes qui accablent les gens ordinaires. Comme Obama, il doit être citoyen du monde pour comprendre les enjeux mondiaux. Il doit avoir du vécu pour mieux saisir, par exemple, la nocivité du racisme, les difficultés des familles monoparentales, etc. Il doit être le symbole d’un temps nouveau. Un pont entre les générations.
La troisième possibilité est dans notre histoire politique. Plusieurs affirment qu’on n’a pas la même histoire ici. Qu’il ne faut pas comparer les États-Unis, le Canada et le Québec. Que l’histoire constitutionnelle américaine, comme l’a écrit Joseph Facal dans sa chronique du 12 novembre 2008 dans Le Journal de Montréal, exalte « la vie, la liberté et la poursuite du bonheur ». Alors que celle du Canada, toujours selon Facal, est un arrangement historique qui valorise « la paix, l’ordre et le bon gouvernement ». Quant à celle du Québec, c’est selon lui une succession d’échecs. Donc, la trame historique d’un peuple définit son existence. C’est en partie vrai. Mais l’Histoire a ses caprices. Le rêve américain est une idée simple : l’opportunité de se réaliser et l’espoir de sentir que c’est possible. Cela a moins à voir avec les guerres coloniales, les déchirures constitutionnelles, mais plus avec l’évolution des sociétés, de leur mentalité et de leur capacité à accepter la différence. Être différent (en apparence) de la majorité et avoir l’intelligence, comme Obama, de s’approprier l’histoire de son pays. Il n’y a pas longtemps, la perspective d’un président américain noir était du domaine de l’impossible. Aujourd’hui, c’est une réalité. Notre Obama canadien ou québécois, s’il se révèle un jour doit, lui aussi, s’approprier l’histoire de son pays, douce, romancée, douloureuse ou fantasmée. Le Canada et le Québec, malgré leurs imperfections, comme partout ailleurs, sont des terres d’accueil et d’ouverture. Le cas Obama est possible et souhaitable.
Enfin, toutes ces possibilités ne sont réalisables que si les jeunes décident de s’impliquer en politique. D’avoir le désir de changer leur pays et le monde. D’essayer de secouer les convenances et les conformismes. Les jeunes Américains l’ont prouvé. Peu importe nos allégeances politiques, lorsqu’on entend un Amir Kadir, co-porte-parole de Québec solidaire, solide dans son argumentaire pour convaincre les électeurs, on se dit : yes we can. Les possibilités existent. Le déclic, on l’attend.
Bello Bakary
Le social et le capital, une conciliation inimaginable?
Posté par Etienne Langdeau dans Politique, Société, Économie le 28 janvier 2009
Le remaniement récent du décor politique québécois laisse entrevoir l’émergence d’une dualité renouvelée opposant les groupuscules situés aux deux extrémités du spectre politique (i.e. la gauche socialiste incarnée par Québec solidaire et la droite économique représentée notamment par l’Institut économique de Montréal). Cette opposition où l’on retrouve les forces du « bien » (le social et l’environnemental) et les forces du « mal » (le capital et le marché) ne date évidemment pas d’hier, mais il semble que ce fossé idéologique traditionnel se creuse progressivement au Québec.
D’une part, il y a les fervents du « capital » qui sont prêts à vendre corps et âme en échange de quelques points de rendement supplémentaires, même si cela se fait au détriment de l’environnement ou des moins biens nantis. Selon cette école de pensée, il est préférable de jouer à l’autruche à court terme (afin de protéger les gains actuels) en espérant que le marché sera assez flexible pour absorber les retombées à long terme. Il est alors permis de faire une abstraction quasi totale des enjeux non monétaires (c’est-à-dire les enjeux sociaux). Cette confiance aveugle dans un système que l’on pousse à pleine vapeur est tout à fait illogique.
D’autre part, on retrouve les défenseurs du social et de l’environnemental qui prônent le partage de la richesse, le développement durable et la solidarité sociale. On ne peut évidemment pas s’opposer à la vertu. Par contre, dans un monde où tous ces souhaits impliquent nécessairement des fonds publics, il faut évidemment avoir les moyens de ses ambitions. C’est justement ces moyens que le « capitalisme » offre à la société québécoise. Effectivement, c’est ce même « capital » qui nous offre un niveau de vie sans précédent dans l’histoire de l’humanité et qui nous permet d’investir comme jamais dans le développement et la protection de la dimension sociale. Cette fixation quasi maladive sur la création de la richesse n’est donc pas nécessairement contre-productive si elle est gérée lucidement dans une perspective de développement durable.
Un examen de conscience collectif est donc incontournable si l’on souhaite véritablement se préparer pour les enjeux critiques qui nous guettent si le statu quo actuel n’est pas renversé. Un échange sérieux entre les différents groupuscules doit être entamé afin de déterminer quels échanges seront profitables pour ces intérêts divergents en apparence.
Quelques exemples :
§ Augmenter les tarifs d’électricité pour réduire la surconsommation d’énergie (enjeu environnemental) et pour engendrer des revenus supplémentaires afin de réduire le fardeau de la dette (enjeu économique – alléger le service de la dette qui est de 7,6 milliards de dollars annuellement);
§ Permettre l’insertion raisonnable du privé dans le domaine public (pour les services complémentaires) afin de concentrer les ressources disponibles sur le développement des services essentiels (enjeu social – améliorer la qualité des services);
§ Ajuster les frais de scolarité selon l’inflation pour assurer la pérennité de l’enseignement (enjeu social) et pour améliorer la représentativité des coûts (enjeu économique – principe d’utilisateur/payeur);
§ Alléger les structures gouvernementales pour dégager des revenus qui permettront, entre autres, d’entretenir nos infrastructures en pleine décrépitude.
Il s’agit de mesures simples et concrètes qui sont évidemment discutables et facilement contestables selon les paradigmes largement répandus (qu’ils soient de droite ou de gauche). Par contre, avec un minimum d’ouverture d’esprit, on réalise rapidement que l’on ne peut pas toujours avoir le beurre et l’argent du beurre. On en revient toujours à l’idée qu’une petite pizza partagée équitablement est toujours moins intéressante qu’une grande pizza où les plus petits morceaux demeurent nettement plus gros.
Dans cette perspective, ces actions, qui peuvent être interprétées comme des reculs sociaux de prime abord, permettront, à terme, de dégager une marge de manœuvre qui donnera une plus grande latitude et une plus grande capacité d’intervention dans les domaines critiques pour le développement durable de notre société.
Étienne Langdeau
Le droit à la gratuité des transports en commun
Posté par Nicholas Cerminaro dans Environnement, Politique, Économie le 28 octobre 2008
À une époque où le prix du baril de pétrole peut presque tripler sur cinq ans (voire même presque doubler sur un an!), à une époque où les effets des changements climatiques se font sentir de plus en plus, à une époque où la perte de productivité liée à la congestion dans les centres urbains augmente sans cesse et où notre réseau routier est tiré à l’extrême limite, il est urgent de repenser notre système de transport en commun.
Comme société, il m’apparaît évident que notre prospérité future passe par un investissement massif dans le transport en commun, mais surtout par une révolution dans son mode de financement. Non seulement faut-il augmenter l’offre de service de trains, d’autobus et de métros, mais il faut remettre en question le système d’utilisateur/payeur qui finance au bas mot la moitié des coûts d’opération de nos systèmes de transport en commun. À Montréal, par exemple, le budget de la Société de transport de Montréal frôle maintenant le milliard de dollars annuellement et ce sont les revenus liés à la vente des titres de transport qui financent près de la moitié de ce budget d’opération.
Il est insensé de faire subir le coût du système de transport en commun aux voyageurs qui polluent le moins et qui désengorgent notre réseau routier, surtout quand l’on considère que selon les chiffres avancés par la STM, près de 45% des voyageurs qui utilisent le transport en commun proviennent d’un ménage dont le revenu annuel est inférieur à 40 000 $ (et près de 20% d’un ménage dont le revenu annuel est inférieur à 20 000 $). Il faut donc rapidement prôner la gratuité des transports en commun et rétablir la tarification de l’utilisation de l’automobile pour les déplacements en milieu urbain.
La première étape est sans doute de rétablir les péages sur les voies donnant accès aux centres des métropoles. Déjà, Londres, Singapour et Stockholm l’ont fait. Lorsque les journaux rapportaient que la Ville de Montréal s’apprêtait à imposer des péages sur les ponts donnant accès à l’île, on sentait déjà les banlieusards monter aux barricades. L’idée n’est pas de pénaliser les gens qui résident à l’extérieur du centre-ville et qui y voyagent pour travailler, mais plutôt de les encourager à modifier leurs habitudes de voyagement. Il est primordial que l’apparition de péages ou de taxes sur la congestion soit accompagnée d’une augmentation crédible de l’offre de transport en commun et que les recettes des péages et taxes soient affectées à son financement.
De plus, il y a une iniquité inhérente au fait de subventionner les automobilistes. Ce sont eux qui utilisent le système routier sans avoir à effectuer de déboursés directs (ce sont des utilisateurs/non-payeurs). Or, c’est un réseau qui coûte très cher à entretenir, et d’après certains documents du ministère des Transports, Québec prévoit investir près de 12 milliards d’ici 2012 pour la modernisation du réseau routier. Le gouvernement serait mal avisé d’essayer de refiler une facture de près de 6 milliards aux automobilistes comme « droit d’utilisation » du réseau routier, mais on trouve normal que les utilisateurs du transport en commun financent près de 50% des frais du système.
Et 12 milliards ce n’est que pour l’entretien. Les coûts véritables liés au transport routier comprennent non seulement la modernisation et l’entretien des routes, mais aussi la perte de productivité des citoyens, les accidents de la route et les coûts de santé reliés aux soins aux victimes, la sécurité routière, etc. Quand on fait le calcul, le coût moyen du kilomètre-passager dans cinq grandes villes canadiennes (Montréal, Toronto, Ottawa, Vancouver et Calgary) peut s’élever à 0,46 $ dans le cas de l’automobile – comparativement à 0,12 $ dans le cas du transport en commun. Une différence de 74 %. La Chambre de commerce de Toronto estime que les embouteillages à eux seuls coûtent environ 2 milliards par année en perte de productivité à la région du grand Toronto.
Enfin, il ne faut pas sous-estimer l’impact environnemental du transport routier. Au Québec, le secteur des transports compte pour 38% de la production des gaz à effet de serre. La Ville de Montréal prévoit un accroissement de 112 000 déplacements matinaux en voiture d’ici 2021 sur l’île.
Il est temps que les mentalités changent. Il faut cesser de s’acharner sur les voyageurs qui adoptent un comportement qui est dans l’intérêt de la collectivité et de l’environnement. Il est temps d’implanter la gratuité des transports en commun.
Nicholas Cerminaro


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