Archives de la catégorie vieillissement de la population
Krach démographique : L’autre partie de l’équation
Posté par Paul St-Pierre Plamondon dans vieillissement de la population, Éditoriaux le 28 janvier 2009
Le vieillissement de la population fait peur du point de vue économique. Le phénomène de la pyramide démographique inversée que l’on observera au Québec au cours des prochaines années a déjà entraîné une grave récession au Japon au début des années 2000. Or, de toute l’Amérique du Nord, c’est au Québec où l’on retrouve l’un des trous démographiques les plus importants. Les économistes s’entendent pour dire sur ce point que ni l’immigration ni des politiques de natalité améliorées ne permettront d’éviter l’iceberg.
Krach démographique : Et vous?
Posté par Nicholas Cerminaro dans Société, vieillissement de la population, Éditoriaux le 28 janvier 2009
Au moment d’écrire ces lignes, Barack Obama est à quelques jours de prononcer un discours inaugural qui sera sans doute historique. Le 20 janvier 2009, M. Obama deviendra le 44e président des États-Unis à un moment où ce pays fait face à de nombreuses difficultés.
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Krach démographique : sagesse ou vieillissement?
Posté par Mélanie Joly dans Société, vieillissement de la population, Éditoriaux le 28 janvier 2009
Notre société se transforme, nous le savons. Vieillissement de la population, détérioration de l’environnement, surconsommation, instabilité économique, isolement social, etc. Ces réalités et les défis qu’elles entraînent ne peuvent être surmontés individuellement. La mise en commun des efforts de toute génération est nécessaire afin de les aborder et y remédier. C’est d’ailleurs cette exigence de solidarité qu i a mené à la création de Génération d’idées.
Prise de conscience urgente! Cri du cœur d’un « Y » entouré de vieux décideurs
Posté par Samuel Champagne dans Société, vieillissement de la population le 28 janvier 2009
N’attendons pas d’être vieux pour réagir. Il est temps d’agir et de dire non à l’immobilisme et à la procrastination. Actuellement, les régions voient des centres pour personnes âgées pousser comme des champignons, pendant que le nombre d’enfants par classe diminue dans les écoles. Ces résidences deviendront des moteurs économiques, pour certaines localités en perte de vitesse, car les régions subissent le vieillissement de leurs habitants et perdent en plus leurs jeunes compétents au profit des milieux urbains. Heureusement, mes parents et ces autres baby-boomers sont toujours aussi actifs en région, pour quelques années encore du moins.
Tous ces baby-boomers, qui voient leurs fonds de retraite subir les soubresauts de l’essoufflement économique que nous connaissons présentement, devront probablement travailler plus longtemps qu’ils ne l’auraient imaginé. Leur santé, vers leurs vieux jours, risque alors de faire des siennes, et dans un pays où le système de santé est universel, les coûts reliés à leur bien-être feront augmenter les dépenses publiques, pendant que ces chers baby-boomers cesseront d’assurer un coussin imposable dédié à notre budget national. Sans vouloir être alarmiste, nos décideurs se soucient-ils de cette question? Il en va pourtant de notre sécurité financière à tous, et non seulement de notre avenir, mais aussi de celui de nos enfants et de la prospérité économique à long terme de notre État.
Voulons-nous d’une société titubante où rien d’autre ne suscitera d’intérêt, dans 10 ans, que l’architecture audacieuse des hôpitaux et des résidences pour personnes âgées? Certainement pas moi! Je veux de cette société où les décisions se prennent et se concrétisent par des actions. Je veux également d’une société innovatrice qui puise les plus belles idées, pouvant apporter le plus à ma réalité et à celle des autres. J’ai besoin que quelqu’un me dise qu’enfin, nous ne constaterons plus que notre société comporte sa part de problèmes, mais que nous trouverons des solutions pour les régler et continuer d’avancer… parce que tellement plus nous attend!
Le vieillissement de la population implique de beaux défis à relever. Cependant, ce phénomène nécessite une prise de conscience collective. Celle-ci me semble être à la base de toute autre action à entreprendre parce qu’il faut comprendre ce qui nous arrive avant de s’affairer.
Nous ne pouvons nier que la tranche sociale grandissante de personnes âgées est causée par ce nombre phénoménal de baby-boomers se dirigeant vers le troisième âge. Le fait est qu’aucune autre génération suivante n’a été aussi importante que la leur. Pourtant, les naissances auraient le pouvoir de contrer ce phénomène social. Jamais il ne m’est venu à l’esprit d’avoir une famille de 10 enfants. Bon, vous me direz que la religion catholique n’utilise plus l’intimidation infernale pour m’y encourager. Toutefois, je ne désire pas non plus être le père de cinq enfants d’ici 20 ans. C’est pourtant le nombre d’accouchements qu’a eus ma mère. Qu’est-ce qui nous différencie? Malgré les satisfactions que procure une grande famille, je ne serais pas prêt, psychologiquement et financièrement, à voir grandir une si importante progéniture sous mon toit. Pourquoi? Qu’est-ce qui nous empêche de repeupler ce Québec qui nous est si cher? Serait-ce un manque d’argent (hommage ici aux dettes d’études), un confort qu’on ne voudrait pas ébranler ou tout simplement un changement de valeurs ayant eu cours? Sommes-nous à tel point plongés dans une société de consommation qu’il n’y aurait plus de place pour les enfants? Subissons-nous des vies déséquilibrées, vitesse grand V, au point où s’occuper d’un enfant entre dans la liste « À ne pas oublier » ou « Ce que je ferai un jour… »? Sommes-nous si désabusés et inquiets face à la vie que nous n’osons pas la faire subir à des êtres si purs et innocents? Il y a certainement là matière à réflexion, parce que quelque chose chez nous ne tourne pas rond.
Dans ce cas, acceptons une immigration massive et le tour sera joué! Mais que faire alors du manque d’ouverture aux étrangers des uns et des problèmes d’intégration des autres? J’oubliais pendant un instant que le terme « compromis » est difficilement digestif en nos terres.
Enfin, ce problème du vieillissement de notre population soulève des inquiétudes. Mais il ne serait pas tellement compliqué à régler. Il faut juste se regarder, s’analyser de manière objective et trouver des solutions adéquates. Voilà, c’est dit. Qu’est-ce qui nous arrête?
Samuel Champagne
Pour eux, pour nous
Posté par Adelina Feo dans Culture, Société, vieillissement de la population le 28 janvier 2009
Pour notre génération, le vieillissement de la population a une connotation de fardeau. Nous nous voyons supporter toute l’économie avec peu d’effectifs afin d’assumer les coûts montants des frais de santé et de retraite de nos aînés.
J’aimerais amener un point de vue différent au débat. Plusieurs me diront utopique et naïve dans mon approche. Soit! Si l’on n’ose pas regarder les choses d’un œil radicalement différent, pouvons-nous vraiment nous considérer comme une génération d’idées?
Je vis dans une communauté crie de la Baie-James depuis trois ans. En arrivant avec mon bagage de réadaptation de Montréal-Nord, j’avais encore la mentalité selon laquelle il fallait pousser nos personnes âgées à demeurer actives et indépendantes le plus longtemps possible. Il était inacceptable de les laisser aller et de les servir. Ici, plus je poussais, plus on me regardait comme si je n’avais aucun respect pour l’âge de ces personnes. Ici, les personnes âgées sont des « anciens » et on écoute ce qu’ils ont à dire. Ici, il était complètement acceptable de ne plus rien faire. Bien sûr, plusieurs anciens mènent une vie active dans le bois, en chassant, en cuisinant dans leurs tipis et en ramassant du bois. Mais on respecte le rythme de chacun et on lui offre assistance selon ses désirs.
Je comprends que nous avons si peur de la vieillesse (et j’inclus les personnes âgées dans ce « nous ») que nous nous obligeons à continuer nos activités, à tout prix, afin de maintenir un niveau de performance qui nous garde une place en société.
En fait, ce qu’on perçoit comme le « problème » du vieillissement découle de nos définitions de la famille et de la santé.
Chez les Cris, la famille prend le sens de « communauté ». Nous ne trouvons pas de personnes âgées vivant seules dans des 3½ insalubres, loin de leurs familles, incapables de sortir pour faire l’épicerie ou pour voir des amis. Les personnes âgées vivant dans des résidences se retrouvent devant un problème majeur d’isolation du reste de la société. Cette isolation mène souvent au déclin fonctionnel dû à l’inactivité, à l’ennui, à la dépression, au déclin cognitif précoce, à la malnutrition… Chez les Cris, même si l’activité diminue considérablement avec l’âge, on n’est jamais seul. On fait toujours partie d’une communauté.
Ceci m’amène au second point : notre définition de la santé. Il est impératif que notre vision de la santé change. La santé, ce n’est pas seulement l’absence de maladie et ça ne se règle pas en bâtissant de nouveaux hôpitaux. Les Cris n’ont pas de mot pour « santé ». Ce qui s’en rapproche le plus est le concept de « Miyupimaatisiiun », qui se traduit le plus convenablement par « être en vie bien ». Ce concept comprend toutes les dimensions de l’être humain (physique-émotif-spirituel) et de son milieu. Donc, une personne ne peut être bien que si sa communauté en entier est en harmonie. On ne peut donc plus regarder une personne âgée assise à l’urgence et se dire que nous n’avons rien à voir avec elle. Une fois qu’elle est à l’urgence avec une fracture de la hanche parce qu’elle a essayé à tout prix de continuer à suivre notre rythme endiablé, nous avons déjà échoué.
Cette absence de communauté, nous en souffrons tous, que nous ayons 25 ou 85 ans. Elle n’est pas seulement le fardeau de la génération vieillissante. Nous en payons tous le prix par le surmenage, l’épuisement professionnel, l’absence de relations significatives, la course folle, les coûts élevés des logements, l’essence, la garderie, les soupers au restaurant parce qu’on n’a plus le temps de cuisiner… C’est un problème collectif et nous avons tous intérêt à nous retrousser les manches et à bâtir des communautés où l’on peut se retrouver, partager le fardeau du quotidien, s’entraider et être présents les uns pour les autres.
Vivre bien, c’est vivre dans un contexte où nous pouvons tous subvenir à nos besoins avec dignité, se consacrer à un but valorisant, avoir le droit de mettre nos énergies sur ce qui importe le plus pour nous. Si nous, en tant que « génération active », prenons le temps de souffler, de faire des choix axés sur le bien-être, nous pourrons, avec des services de santé de base dans le milieu, donner une place aux aînés pour qu’ils participent au mieux de leurs capacités à la vie des communautés que nous aurons créées. C’est à nous de mettre ces communautés sur pied. Nous pouvons donner une place aux aînés pour qu’ils se reposent. Notre seul fardeau, alors, sera de les regarder jouir d’un repos bien mérité.
Adelina Feo
Et si on vivait 160 ans?
Posté par Dany Lavigne dans Santé, Société, vieillissement de la population le 28 janvier 2009
On s’excite beaucoup le poil des jambes avec notre petit vieillissement de la population! L’espérance de vie franchit le cap des 80 ans et nous voilà complètement déstabilisés! « Que va-t-il arriver à nos caisses de retraite? »
Et si l’être humain vivait jusqu’à 5000 ans? Ne riez pas! Cette idée est évoquée par Aubrey De Grey, chercheur à l’Université de Cambridge. Spécialiste des processus du vieillissement, De Grey croit que la génétique permettra un jour d’utiliser les cellules souches afin de ramener notre horloge biologique à zéro : « En ce moment, 100 000 personnes meurent de vieillesse chaque jour. Nous devons sauver ces vies. C’est la chose la plus importante : arrêter le massacre. Et après, nous nous occuperons des détails. »[1]
Bon, 5000 ans, c’est peut-être un peu fort! Mais il reste que l’espérance de vie a pratiquement été multipliée par deux au XXe siècle dans les pays industrialisés. Grâce aux progrès fulgurants de la technoscience, il n’est pas interdit de penser que l’on pourrait encore doubler ce chiffre au XXIe siècle. Quand il y a volonté humaine, yes we can!
Supposons donc que l’espérance de vie passe à 160 ans (ce qui implique que l’humanité assume ses responsabilités en matière environnementale et que l’on ne s’autodétruise pas au cours d’une Troisième Guerre mondiale). Contrairement à De Grey, je trouve intéressant que l’on s’attarde un peu aux « détails », aux conséquences que pourrait avoir un tel changement pour nos sociétés.
A priori, il y aurait certainement de bons côtés à vivre plus longtemps. On pourrait davantage se cultiver l’esprit, lire plus de livres, voir plus de films, décrocher des diplômes dans autant de domaines qu’on le veut. Chacun aurait assez de temps à sa retraite pour faire le tour du monde. Enfin, l’espoir renaîtrait de voir un jour le retour des Nordiques à Québec!
L’envers de la médaille, c’est qu’il faudrait travailler plus longtemps. J’imagine une de mes étudiantes du futur venir me dire : « Vous avez déjà enseigné à ma grand-mère… » 80 ans à radoter sur l’allégorie de la caverne, le Discours de la méthode et l’éthique de Kant : de quoi devenir fou! Et comment m’adapterais-je aux nouvelles technologies, moi qui ai déjà du mal à utiliser le lecteur DVD en classe?
Passons maintenant à la politique. Les statistiques révèlent que les personnes âgées votent massivement aux élections, tandis que les jeunes ont un faible taux de participation. Et on voit ce que ça nous donne comme gouvernement! Imaginez : Jean Charest, premier ministre pendant 30 ans; Stephen Harper repoussant les objectifs de diminution des gaz à effet de serre en 2050 (oups! on m’annonce qu’il le fait déjà…) Vivement une limite de deux mandats pour nos dirigeants, à l’instar des États-Unis!
Dans un registre plus sérieux, le bioéthicien Leon Kass fait remarquer que les populations qui ont la plus haute espérance de vie ont tendance à être celles qui font le moins d’enfants. Ce qui l’amène à se demander : « Que serait la vie s’il n’y avait pas cette possibilité du renouvellement des commencements, de l’innocence, de l’arrivée de personnes qui ne sont pas cyniques et blasées parce qu’elles ont vécu toutes les désillusions possibles? »[2]
En outre, Leon Kass craint que l’on devienne encore plus superficiels que nous le sommes. Il trace un parallèle avec les dieux grecs d’Homère : des êtres immortels et sans aucune profondeur. De fait, la mort est une limite qui nous pousse au dépassement. Savoir que nous ne sommes pas éternels nous force à agir, à tenter de réaliser nos rêves. S’il fallait que l’on vive beaucoup plus vieux, n’aurions-nous pas tendance à tout remettre à demain… et à après-demain?
Bien sûr, il n’est ni possible ni souhaitable d’empêcher les recherches scientifiques visant à nous permettre de vivre en santé plus longtemps. Toutefois, je m’interroge sur le devenir d’une humanité qui cherche à vaincre la mort plutôt qu’à l’accepter…
Dany Lavigne
[1] Cf. Antoine Robitaille, Le nouvel homme nouveau, Montréal, Boréal, 2007, p.67.
[2] Cf., Ibid., p.197.


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