On peut avoir l’impression que le système d’Éducation est sans cesse remis en question, mais, en mon sens, tous les questionnements relatifs à la «réforme» sont à peine plus près du vrai problème qu’un homme se demandant s’il devrait battre ses enfants avec le poing ouvert plutôt que fermer; a-t-il pensé ne pas les battre du tout? Au Canada seulement, chaque jour, pendant des heures, 5,2 millions de jeunes séparés par trentaine sont forcés d’obéir au doigt et à l’œil à un adulte. Ils sont maîtres ni de leur corps ni de leur esprit; s’ils bougent, ils sont réprimandés. La difficulté que nous éprouvons à voir cette forme de tyrannie impliquée dans l’École est comparable à celle que nos grands-parents avaient à voir ce qui clochait dans la domination de l’Église. Est-ce qu’un environnement régit par la peur et la soumission peut vraiment être le seul propice aux bons développements de nos enfants?
Il existe des écoles, la plus célèbre étant Summer Hill, où on ne force pas les jeunes à assister aux cours; ceux qui choisissent de les suivre le font librement. Aussi, les règlements de ce pensionnat sont votés démocratiquement. Le vote d’un jeune de 7 ans compte autant que celui de la directrice où d’un professeur. Un enfant n’ayant aucun intérêt pour les mathématiques est libre de passer ses journées à faire de la cuisine, à bricoler, à faire du théâtre, de la mécanique, de la couture ou à jouer. Dans nos écoles, cet enfant passerait plutôt ses journées à se faire chicaner ou punir. Cette façon oppressive de réprimander l’enfant, qui peut durer toute sa vie scolaire, lui permet de conserver l’illusion que le bonheur « c’est la vie, sans cours » jusqu’à ce qu’il atteigne 16 ans et, alors, il décroche. À Summer Hill, un jeune arrivant d’une autre école choisi habituellement de passer environ trois mois sans aller aux cours; le temps de se rendre compte que quelques heures de cours par jour, c’est bien. Dans nos écoles, même les «bons élèves» le sont à contre cœur, par peur d’être punis. Ne vous rappelez-vous pas d’avoir passé une bonne partie du secondaire à jeter des coups d’œil à l’horloge?
Vous me direz que certaines notions doivent quand même être obligatoire mais vous conviendrez avec moi que lorsque ceux qui gèrent l’Éducation ont fait les programmes, ils ne semblent pas s’être dit : « Puisque notre système est oppressif, ciblons ce qui est essentiel pour laisser un maximum de liberté aux jeunes », mais plutôt : « il y a 900 heures de cours par année, remplissons-les! » Pour les remplir, ils les ont remplies… et d’une manière tout à fait subjective. Par exemple, ils ont jugé qu’il était superflu de savoir cultiver des légumes et cuisiner, mais qu’il est obligatoire de savoir calculer l’hypoténuse d’un triangle rectangle à partir de ses cathètes à l’âge de 14 ans.
N’est-il pas évident que si les jeunes pour lesquels rester assis en silence est de la torture étaient plutôt libres de sortir jouer au soccer, ceux qui resteraient pourraient enfin avoir une Éducation de qualité? N’est-il pas évident que les jeunes doivent réprimer leur besoin naturel de bouger des heures par jour pendant des années et que ce fait les pousse plus tard vers un mode de vie sédentaire et des problèmes de santé? N’est-il pas évident que les jeunes qui intimident et harcèlent se sentent intimidés et harcelés par les adultes qui leurs répètent qu’ils sont tannants, fatigants, dérangeants, méchants depuis aussi longtemps qu’ils se rappellent ?
Les jeunes passent le cœur de leur journée à l’école; du matin jusqu’en fin d’après-midi. Les pulsions les poussant à vouloir bouger et choisir ce qu’ils font durant cette période relève de leur nature. L’École pour exister sous sa forme actuelle doit aller contre la nature des enfants. On dit que l’enfant n’a pas la conscience nécessaire pour savoir ce qui est bon pour lui. Il est important de ne pas laisser une idée aussi simpliste nous convaincre que ce que nous, adultes, maintenons comme système est effectivement ce qui est le mieux pour l’enfant. Nous sollicitons la confiance de l’enfant pour qu’il abandonne la souveraineté de son corps et de son esprit, notre responsabilité est énorme. Pour mériter cette confiance nous devons explorer les alternatives au présent système et choisir en plaçant d’abord l’intérêt de l’enfant. Sûrement que la liberté ferait en sorte que quelques jeunes soient moins bon en quelques matières, mais le fait d’avoir des enfants HEUREUX sentant que LEURS OPINIONS ET LEUR BIEN ÊTRE COMPTENT pourrait s’avérer beaucoup plus précieux que tout succès académique.
Écrit par
Jonathan Rainville
Et
Tristan Aumont-Marceau


















Il n’est pas faux que le système de l’éducation n’est pas adapté à tous les jeunes. Il est vrai qu’il est archaïque, car il n’a pas évolué depuis plusieurs années. Le fait de forcer un jeune à réussir ses math de secondaire 4 pour aller plus loin ou son français est un frein à la liberté. Je ne dis pas que le français n’est pas important, mais je crois que de croire à une éducation universelle pour tous, avec la même formation est une utopie considérant que chaque être humain est différent.
Pourquoi ne pas offrir une formation plus individualisée, afin qu’un jeune qui a de la difficulté en français, par exemple, puisse tout de même continuer ses études afin de faire un métier qu’il aime? Il pourra prendre les précautions nécessaires par la suite pour améliorer son français ou se faire corriger lorsqu’il doit communiquer par écrit…
Le bémol que j’apporterais à votre texte est que les jeunes ont besoin d’être encadrés. Ils n’ont pas la maturité pour faire des choix aussi importants avant que leur cerveau ne soit complètement formé. Je ne dis pas qu’ils n’ont pas une certaine autonomie, mais ils ont aussi besoin d’encadrement. Un juste milieu est nécessaire…