Bien que je sois une personne avec un penchant socialiste, j’ai aussi une très bonne notion d’un budget et la façon de le respecter. Les problèmes financiers de notre gouvernement vient de la même problématique que nos concitoyens qui ne parviennent pas à se sortir la tête de l’eau au niveau financier. En sommes, nous vivons avec ce que nous pouvons acheter et non avec ce qu’on a besoin. Au niveau santé, qui est un gouffre sans fond, il faudra faire des choix difficiles, mais qui s’imposent. C’est important de fixer une capacité de payer et de rester dans les limites. La fécondation invitro, l’acharnement thérapeutique, euthanasie, suicide assisté, etc… Ce sont des sujets que personnes ne souhaitent discuter, mais qu’il faudra se pencher dessus.
















Il faudrait avant tout démêler les dossiers.
Premièrement, dans la notion de budget, la façon qu’un particulier doit se comporter (faible dette, revenus élevés) n’est pas la même que celle d’un gouvernement: simplement, en se basant sur les idées de John Maynard Keynes, il apparaît qu’un budget équilibré annuellement (revenus = dépenses) crée de l’inflation supplémentaire en période de prospérité (via une réduction de taxes ou une augmentation des dépenses gouvernementales) et aggrave le chômage en période de récession (les coupures ou les hausses de taxes accentue le recul de l’économie). Là-dessus, je trouve que le discours habituel de la droite économique est dans l’erreur. Au budget équilibré annuellement, il est préférable d’avoir un budget équilibré cycliquement (e.g.: hausse des dépenses gouvermentales en période de récession pour stimuler l’économie par des projets d’infrastructures, contrairement au réflexe d’appeler la population à se serrer la ceinture). Il faut avant tout se débarrasser des réflexes qu’on a en tant que particulier en ce qui a trait à la façon de faire le budget, parce que la transposition de ces réflexes au niveau étatique est simplement désastreux. Là-dessus, je trouve que le discours habituel de la droite économique est dans l’erreur.
Il faut aussi distinguer dette et déficit. Peu de gens se paient une maison «cash», d’où l’importance de l’outil de la dette pour investir dans l’infrastructure contribuant à une prospérité future (la «valeur de revente de la maison» que sont les gains de productivité assuré par un système d’éducation bien financé), mais la plupart des gens sensés évitent de gaspiller ou de faire des dépenses extravagantes. Si on manque de moyens, causant ainsi un déficit, plutôt que de cibler la santé, faudrait réviser nos priorités en tant que société. Le fonds destinés à la monarchie, à la gouverneure-générale, à l’équipe olympique pour obtenir des «médayes» (ça fait cher l’once d’or), aux dépenses militaires de type offensives (F-18, chars d’assaut, sous-marins)- tout ça, devrait être coupé avant qu’on touche à la santé, un service essentiel, alors que les autres exemples ne le sont en aucun cas.
Et il faut distinguer la dette intérieure de la dette extérieure: la dette intérieure, détenue en partie, par exemple, par des fonds de retraité, sert surtout à financer des activités à l’intérieur du pays; la dette extérieure, tant qu’à elle, occasionne de fuite de capitaux.
Tout comme il faut éviter, comme le soulignait Louis Gill, de trop croire au tableau sans cesse croissant de la dette nationale qu’affiche TVA pour engendrer la panique et fabriquer du consentement pour permettre le démantèlement des filets sociaux, mais plutôt rapprocher la croissance de la dette avec la croissance du PIB. Le Canada, historiquement, est sorti de la Seconde Guerre Mondiale largement endetté, mais pourtant a connu une période de prospérité sans précédent, étant donné une croissance du PIB plus rapide de la dette.
En ce qui concerne les différents sujets propres à la santé, il s’agit d’abord d’un débat éthique plus que financier (euthanasie, suicide assisté, acharnement thérapeutique). En ce qui concerne la fécondation in vitro, dans ce cas-ci, le gouvernement devrait plutôt axer ses priorités sur les gens déjà dans le systèmes – en aidant financièrement les aidants naturels qui oeuvrent auprès des personnes handicapées et des personnes âgées – et non faire dépenses qui rajoute aux charges actuelles de la santé.
«C’est important de fixer une capacité de payer et de rester dans les limites.» Oui, il ne s’agit autant de la taille d’une maison, que la vie des gens et le respect des aînés, et ça, c’est prioritaire. Coupons, mais coupons ailleurs. Le Liechtenstein, le Costa Rica et le Japon n’ont pas d’armée, et je pense que c’est le début de la voie à suivre pour un pays qui ne crée pas des riches, mais de la richesse.
«Au niveau santé, qui est un gouffre sans fond»
Selon quels chiffres? Voyons ce que l’OCDE en dit:
Nombre de médecins par 1000 habitants (2007)
Canada 2.2
États-Unis 2.4
Finlande 3
France 3.4
Malgré les paniques engendrées par les médias à propos d’une crise insurmontable en santé (c’est le sujet ici, comme l’est aussi la météo, alors qu’aux États-Unis, c’est la sécurité et la défense nationale), le Canada a une situation comparable avec les États-Unis.
%du PIB
Canada 10.1%
États-Unis 16%
Finlande 8.2%
France 11%
L’OCDE en chiffres 2009
http://browse.oecdbookshop.org/oecd/pdfs/browseit/0109062E.PDF
Pour gagner 0.2 médecins de plus par 1000 habitants, les États-Uniens dépensent 5.9% de plus en PIB. La France et la Finlande obtiennent des résultats supérieurs en dépensant une moins grande proportion du PIB. Étrange? Bien, simplement, quand l’État agit comme unique payeur, ceci permet aux hôpitaux de simplifier les processus administratifs (contrairement aux États-Unis, où chaque compagnie d’assurance a ses critères – c’est le principe du monopole naturel, où une seule firme réduit les coûts de production, alors que chaque firme supplémentaire les augmente), et ainsi s’occuper davantage de la distribution de soins de santé (la mission première du milieu hospitalier), au lieu de perdre du temps à multiplier les procédures de recouvrement auprès des assureurs et des patients.