Participation électorale – imitons les Belges.

par bryan gélinas
17 août 2010

Élections après élections, et ce malgré les efforts du DGE et le bon vouloir des partis, le taux de participation aux élections demeure très faible. Cette situation est un accroc majeur a notre démocratie puisque que le parti au pouvoir ne représente qu’un infime partie de la population réelle. Qui plus est, lorsqu’un pan entier de cette population, ici les jeunes, se refusent à leur devoir électoral, les partis commencent à s’en désintéresser et les quelques jeunes qui se faisaient un devoir de citoyen d’aller voter remettent en question la pertinence de leur participation aux élections ou votent pour des tiers partis. Je suis d’avis, comme plusieurs observateurs politiques, qu’un changement au mode de scrutin pourrait «redorer le blason» des élections au Québec mais je crois fermement qu’il faut aller plus loin et faire de ce devoir citoyen une obligation, à l’instar de la Belgique, puisque c’est tout l’édifice démocratique qui repose sur se simple geste. Voici comment fonctionne le «vote obligatoire» en Belgique :

Inscrit dans la Constitution depuis 1893, le principe du vote obligatoire est également énoncé par les différentes lois électorales.

1) L’obligation de prendre part au vote

Elle concerne tous les citoyens belges âgés de dix-huit ans inscrits sur les registres de la population de la commune où ils résident.

Pour les élections des membres de la Chambre des représentants et des sénateurs, l’obligation de voter figure respectivement au troisième alinéa de l’article 62 et au deuxième alinéa de l’article 68 de la Constitution.

Pour les autres élections, l’obligation de voter fait l’objet de dispositions spécifiques dans les différentes lois électorales :

– l’article 39 de la loi du 23 mars 1989 relative à l’élection du Parlement européen ;

– l’article 62 de la loi électorale communale du 4 août 1932 ;

– l’article 38 de la loi organique du 19 octobre 1921 sur les élections provinciales.

Les électeurs, dont la liste est établie à partir des registres de la population de la commune, sont convoqués par lettre 15 jours avant le scrutin. La convocation porte la mention « Le vote est obligatoire ».

D’après l’article 207 du code électoral, « les électeurs qui se trouvent dans l’impossibilité de prendre part au scrutin peuvent faire connaître leurs motifs d’abstention au juge de paix, avec les justifications nécessaires. »

Après la clôture du scrutin, le relevé des électeurs n’ayant pas participé au vote est transmis au tribunal de police avec les justificatifs des non-votants. C’est le juge de paix qui décide de la validité des excuses.

Pour faciliter le vote, le code électoral prévoit :

– le remboursement par l’État des frais de déplacement engagés par les électeurs qui ne résident plus dans la commune où ils sont inscrits ;

– la possibilité de voter par procuration, l’article 147 bis énumérant toutefois de façon limitative (2(*)) les motifs pouvant justifier le recours à ce dispositif (maladie ou infirmité, détention, séjour temporaire à l’étranger, raisons professionnelles…).

Lors des prochaines élections législatives et sénatoriales, le 18 mai 2003, les citoyens belges résidant à l’étranger pourront voter par correspondance. Cette modification a été introduite par la loi du 7 mars 2002.

2) Les sanctions

Elles sont prévues à l’article 210 du code électoral : tout électeur qui ne vote pas et qui ne présente pas d’excuse valable au juge de paix est passible d’une amende de 25 à 50 €. En cas de récidive, le montant de l’amende est porté de 50 à 125 €.

Si l’électeur s’abstient au moins quatre fois pendant une période de quinze années, il est rayé des listes électorales pour dix ans et, pendant ce laps de temps, il ne peut recevoir aucune nomination, promotion ou distinction d’une autorité publique.

Actuellement, la participation aux élections est d’environ 90 %, tandis que le pourcentage des bulletins blancs ou nuls s’élève à 7 %. **Les abstentionnistes sont rarement sanctionnés**.

N.B. Des parlementaires du parti libéral ont déposé plusieurs propositions de loi pour supprimer l’obligation de vote.

(Selon le site du Sénat Belge – http://www.senat.fr/lc/lc121/lc1212.html)

Bryan Gélinas – B. ès. Arts

Dernier commentaire
François Cliche

Il est de mon avis qu’une société ne se construit pas sur des droits et libertés seulement, mais plutôt sur des droits, devoirs et libertés.

Se donner les outils pour s’obliger à voter, c’est une bonne chose, à mon avis. Tout comme on accepte les règles du jeu lorsqu’on va au Cégep ou à l’université, où trop de retards est pénalisé, on doit mettre en place et respecter les meilleures règles du jeu possible pour nous protéger contre la paresse et les autres tendances cycliques humaines. Ce sera une chance que d’avoir une structure qui nous aide à améliorer notre vie, par l’aide de stimulants comme des sanctions minimes, stimulantes mais pas abusives. Je serais peut-être plus pour une tâche communautaire liée à l’organisation de la démocratie plutôt qu’à une amende, car un montant d’argent x n’a pas la même valeur pour tous, mais une journée de temps donné à la communauté est bien plus équitable, instruisante et mémorable, qu’une amende monétaire.

François Cliche – design et stratégie en communication et innovation – B. ès. Arts (École de Design, UQAM)

Publié le 17 août 2010
Pierre et Pierre-Olivier

Salut!

Tant qu’à débattre du sujet sur Facebook, aussi bien publié mon petit échange avec mon ami Pierre-Olivier! Alors, pour votre bon plaisir, voici plus de commentaires!

Pierre Lessard-Blais, avec un B.ès ben plus big quel tien!

***

Pierre-Olivier Legault Tremblay:
-Génération d’idées continue de produire des réflexions fort intéressantes !
(lien internet) Participation électorale – imitons les Belges. | Génération d’idées
http://www.generationdidees.ca

mercredi à 15:56 · Commenter · J’aimeJe n’aime plus · Partager · Signaler

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Pierre Lessard-Blais:
-Si la seule manière de légitimer la démocratie c’est d’obliger les gens à l’embrasser, je ne suis plus démocrate.
mercredi à 18:49 · J’aime Je n’aime plus ·

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Pierre-Olivier Legault Tremblay:
-Je suis pas à 100 km/h là-dedans non plus… Quand on avait fait notre mission au Brésil, on en avait appris un peu. Le vote y est obligatoire. Mais la conséquence est une amende de 1$ ou quelque chose comme ça. L’idée c’est d’envoyer un signal au citoyen que c’est un devoir d’aller voter, mais sans non plus vraiment mettre de conséquence. Qu’en penses-tu ?
mercredi à 21:53 · J’aimeJe n’aime plus ·

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Pierre Lessard-Blais
J’en parlais justement avec Marc-André (un autre ami) tantôt… Lui, il m’a dit que c’était 5$, et considérant le salaire du Brésilien, j’aurais tendance à croire que 5$ a un impact plutôt important sur son budget. Mais j’y connais quoi moi au Brésil à part ça… (http://www.youtube.com/watch?v=tUZb82tFYx4&feature=related -voir 3:00-).

Si l’amende est pas chère, ça n’aura pas d’impact (« J’m’en sacres-tu d’leur piastre d’amende moé? »). En plus, les coûts d’administration du système seront plus élevés que les revenus. En ces temps d’efficience gestionnaire, c’est pas génial. Si l’amende est chère, comme en Belgique ou ça monte jusqu’à 125 Euros (!!!), c’est forcer l’adhésion à la démocratie. On ne s’en sort donc pas vraiment avec l’idée de l’amende.

En plus, comme disait Marc-André (encore l’ami), l’amende symbolise drôlement la santé de notre démocratie. « Le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple » force le peuple à le maintenir? Qualifier cette situation de douteuse serait un doux euphémisme. (Est-ce qu’on fait la liaison avec « doux euphémisme », pour que ça sonne « douzeuphémisme »?)

T’es d’accord pour poster cette conversation sur leur site de Générations d’idées? Comme ça, on va pouvoir signer « B. ès. Arts » pis d’autres sections de notre CV pour augmenter notre crédibilité! Voir la suite
il y a 23 heures · J’aimeJe n’aime plus ·

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Pierre-Olivier Legault Tremblay
hehe… j’avais pas compris tout de suite de quoi tu parlais avec B. ès Arts… 🙂 humm… Si t’es sérieux, ça me ferais plaisir de transporter la discussion sur leur site. T’as lancé la discussion ici… alors je te laisse partir le bal ? …

***

Alors voilà pour la Génération d’idées!

À plus!

Publié le 20 août 2010
François Cliche

Bien d’accord pour le petit ridicule du B. ès etc… mais je croyais que c’était une sorte de standard et je pouvais voir une utilité, c’est à dire que l’on puisse mieux saisir le point de vue de la personne en comprenant son contexte de vie. Quand on est dans un rassemblement avec des gens du même milieu, on sait à peu près de quel chemin vient tout le monde, mais dans une situation aussi ouverte et large que sur ce forum, il peut y avoir tellement de chemins différents qui se croisent.

Du point de vue pompeux, c’est clairement con, mais du point de vue de la mise en contexte, je pense que ça peut être utile, à un certain niveau.

Maintenant, pour ce qui est de l’obligation de voter, il faudra jamais oublier que pour qu’un telle loi passe, il faut la voter. On peut se voter des outils de discipline, se mettre des contraintes volontairement, en autant qu’on choisi de se les mettre et qu’on ne se les fait pas imposer. C’est comme mettre son cadran le matin, ça force à se réveiller mais on sait qu’on l’a mis soi-même et pour notre mieux.

Vous me suivez sur ce point?

Publié le 23 août 2010
Francois Cliche

« Entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le Maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit. » (Henri Lacordaire).

Publié le 24 août 2010
bryan gélinas

Je trouve dommage que sur un site fait pour débattre sur des nouvelles idées on puisse perdre son temps sur un détail aussi ridicule que la signature d’un commentaire. Le seul but de l’indication B ès. Art était d’indiqué mon milieu d’étude, comme semble l’avoir facilement compris François Cliche. Le commentaire facebook aurait pu y rester, une certaine rigueur argumentaire étant toujours apprécié dans une réponse à un commentaire, et d’ordinaire, après avoir détruit l’argumentaire d’autrui, on campe sa propre position, sinon on se retrouve en face d’un simple critique.

Le problème du taux d’abstention aux élections est un problème réel qui appel à des solutions réelles. Je comprends qu’obliger les gens à voter dans une société démocratique qui fait l’apologie des libertés individuelles est une antithèse du point de vue théorique mais alors, dans le monde réel que faire pour que les gens se déplacent voter? Les Belges ont opté pour la législation, nous, que devons-nous faire? Pour ma part je crois que l’on devrait les imiter, l’importance du vote permet la limitation de la «liberté de voter ou non».

Bryan Gélinas

Publié le 24 août 2010
bryan gélinas

«La critique est ordinairement un fruit de l’envie,
Ou l’effet d’une ridicule présomption de sa propre capacité.»
– Axel Oxenstiern ; Réflexions et maximes – 1645.

Publié le 24 août 2010
François Léveillé

Hahaha… J’ai bien rit en lisant vos histoire de Bès Messieurs.

Je trouve aussi que les taux de participation qui chutent sont un problème, mais d’après moi le fait d’obliger les gens à voter ne fait définitivement pas partie de la solution.

Les gens ne votent pas parce qu’ils pensent que ça ne sert à rien, que c’est du pareil au même, que leur vote ne compte pas et parce qu’ils ne se sentent pas concernés. Il me semble qu’on devrait s’attaquer à ces problèmes en corrigeant notre système politique, plutôt que de fuir en avant et de forcer les gens à voter sous peine d’amende.

Une pseudo-solution de la sorte ne mènera à rien d’autre que continuer à miner la crédibilité de la démocratie québécoise et augmenter le cynisme à son égard. Attaquons-nous aux critiques des électeurs, pas aux électeurs eux-mêmes.

Non?

François

Publié le 26 août 2010
Vincent Bolduc

Le devoir de voter est une charactéristique intrinsec de la démocratie. La démocratie est efficace et légitime SEULEMENT si le peuple vote.

Si on a choisi la démocratie, on s’impose automatiquement le devoir d’aller voter. Si le citoyen, qui veut une démocratie, ne va pas voter, il faut certainement l’obliger.

Encore faudrait-il qu’il ait du choix. La responsabilité de la démocratie est de fournir à l’électorat un maximum de possibilité et de la flexibilité.

Avant de forcer la population québécoise (ou autre) à aller voter, fesons quelques petites chose pour favoriser le vote comme:

Mettre des élections à date fixe (je propose le 29 février).
Que cette journée soit fériée.
Changer le mode de scrutin pour un à finalité plus proportionnelle.

Une fois cela fait, si l’électorat ne sort pas, là, on pensera à l’obliger.

Codialement,

Vincent Bolduc

Publié le 26 août 2010
Pierre Lessard-Blais

Re-bonjour les amis!

Comme on s’amuse sur ce sujet! Et d’une petite blague bien placée, on peut faire beaucoup! Tout de même, je suis bien content d’avoir participé au lancement d’un débat intéressant sur l’obligation du vote. Voici donc, de mon oxenstiernienne présomption de mes propres capacités (qui sont particulièrement fascinantes, croyez-moi), mes sublimes commentaires:

J’ai bien apprécié deux phrases de nos amis trouvées ici;

***Celle de Vincent, en premier lieu:***
« Si on a choisi la démocratie, on s’impose automatiquement le devoir d’aller voter. Si le citoyen, qui veut une démocratie, ne va pas voter, il faut certainement l’obliger. »

D’accord pour ceux qui ont choisi la démocratie! Mais, dites-moi, qui a choisi la démocratie parmi nous? J’ai-tu manqué un meeting ou quelque chose? Moi, je l’aime bien la démocratie, mais je l’ai jamais choisie. Le fait que je vote ou non n’a aucun impact sur l’histoire politique qui nous a mené à la démocratie. (Quelqu’un a vu la Dolorian???)

Et ceux qui ne croient pas en notre système politique, c’est un choix politique valable et fondé sur d’importantes idées. C’est ça aussi la démocratie: c’est le respect de l’opinion de l’autre, même si elle va à l’encontre de nos valeurs les plus importantes (à part, bien sûr, certains trucs comme les droits humains). Alors, obliger les « non-démocrates » à embrasser notre système politique avec le vote obligatoire n’est qu’une attaque légale contre ceux qui ne pensent pas comme les démocrates (pis c’est pas mal baveux). C’est ni plus ni moins que l’oppression d’une opinion politique.

Ni l’idéalisation de notre système politique, ni notre histoire politique ne peut nous obliger à voter. Perdre le libre choix de voter, c’est une dérive autoritaire.

Et vous imaginez ce que les politiciens nous diraient s’ils étaient élus avec un taux de participation constant de 95% (sous peine d’amende)? EH BOBOYE!!! La démocratie serait en parfaite santé à jamais? Et quoi encore?!?

***Et ici celle de François L.: ***
« Il me semble qu’on devrait s’attaquer à ces problèmes en corrigeant notre système politique, plutôt que de fuir en avant et de forcer les gens à voter sous peine d’amende. »

VLAN! Voilà la vraie question! L’abstention de voter n’est qu’un produit du cynisme. On pense vraiment qu’en obligeant de voter, on s’attaque au cynisme? Même avec l’obligation légale de voter, le cynisme sera toujours là; il sera simplement moins tangible, moins facile à exposer avec des chiffres. Mais le ras-le-bol et la grogne seront toujours là! J’ose espérer que personne ici ne se leurre là-dessus.

L’obligation légale de voter est bel et bien une fuite en avant. En légiférant de telle façon, on panse un petit bobo mais on ne s’attaque aucunement à la source du problème, soit le ras-le-bol politique. En fait, l’abstention de vote est un des seuls moyens pour le citoyen de signifier son ras-le-bol politique.

Sur ce, au plaisir de m’obstiner avec vous, vous êtes ben blood.

Pierre, qui utilise un réveil-matin mais qui aimerait mieux pas.

PS: Vous avez aimé mon vidéo de Bruno Blanchet?

Publié le 1 septembre 2010
P-O

Salut les gars. Premièrement, à propos du « B. ès. Arts »… Vous avez le droit de mettre du contexte. Et notre but n’est absolument pas de s’attaquer à qui que ce soit. Sincèrement, c’est la première fois de ma vie que je vois ça « B. ès. Arts », alors je sais même pas vraiment à quoi ça fait référence.
Faut pas en faire un plat. Comme vous pouvez le lire, notre discussion sur facebook avait commencé par « Génération d’idées continue de produire des réflexions fort intéressantes ! » 🙂

Pierre: le PIB per capita du Brésil en 2009 était estimé à 10200 $. Je ne crois pas que 5$ change vraiment quelque chose dans leur réflexion de consommateur. Je trouve que c’est parfait comme ça. Peut-être que ça devrait être un petit peu plus au Québec, disons 15$ ?
Au lieu de prendre la décision d’aller voter, j’aime bien l’idée que l’électeur doit prendre la décision de ne pas aller voter. La norme, c’est le vote.

Publié le 1 septembre 2010
P-O

Et je ne crois pas que ça n’a aucun effet. Même si on fixe le montant volontairement à un niveau qui n’affecte pas financièrement les gens. Ça marque le devoir de voter. Et ça pourrait être inscrit au dossier comme une infraction civile. Comme un billet de stationnement.
C’est une responsabilité importante en démocratie. Et ça n’empêche pas d’annuler son vote une fois dans l’isoloir.
On pourrait aussi penser à donner une dispense dans certaines circonstances.

Publié le 1 septembre 2010
louis

Je ne crois pas que la solution au problème du faible taux de participation aux élections est le vote obligatoire. Obliger n’est jamais la solution, la solution ce trouve plutôt dans intéresser le monde par toutes sortes de moyens. Justement le taux de participation est un indice sur le niveau de qualité de notre démocratie. Si le taux de participation est faible ça nous démontre bien qu’il y a un problème quelque part. Obliger le vote ne changera rien fondamentalement au problème, le monde iront voter, mais ne seront pas plus intéressé pour autant. En tout cas, c’est mon opinion…

Publié le 14 septembre 2010
Francois Cliche

Je vous invite à lire mon article sur la loto-vote, où il est question de donner un billet de loto pour les voteurs et d’avoir plein de prix à gagner.

http://www.generationdidees.ca/idees/pour-chaque-bulletin-de-vote-rempli-un-billet-de-lotovote-offert/#comment-301

J’y présente la possibilité de stimuler au lieu de punir. Il y a peut-être une solution dans cette direction?

Publié le 22 septembre 2010
Marc Olivier Robidas

Le partisan des libertés individuelles que je suis n’ait vraiment pas en faveur d’un vote obligatoire.

À mon sens, vivre dans un pays démocratique signifie de vivre avec la liberté de faire des choix et de les faire en fonction de l’individu que je suis. Obliger le vote, à première vue, m’apparaît comme contraire au principe de liberté que nous donne la démocratie.

La liberté que nous avons de choisir d’aller voter ou non nous amène une chose de positive à mon avis. Ca nous permet de clairement identifier que nous avons un problème au niveau de l’intérêt que les gens portent pour la chose politique. Ca semble très anodin dit ainsi puisque je n’ai fait que rappeler le sujet principale de cette discussion, mais c’est justement ce pourquoi je ne suis pas en faveur d’un vote obligatoire, parce que ca nous sert de mesure pour identifier un problème.

Par contre il faut réaliser que le faible taux de participation, ce n’est que la surface du problème. Il ne faut pas tomber dans la facilité en essayant de ¨patcher le trou¨ comme on dit. S’il y a un bas taux de participation, c’est qu’il y a un ou plusieurs éléments qui ne donnent plus envi aux gens de participer aux élections, d’y prendre part. Vous pouvez trouver un texte que j’ai publié sur ce site dans lequel j’amène une piste de solution. Le titre de ce texte : Réforme du mode de scrutin.

Un faible taux peut vouloir dire beaucoup de chose. Je n’ai jamais eu l’occasion de consulter personnellement une étude à ce sujet, mais si je me souviens bien, ce qui ressort souvent c’est que ce sont les jeunes qui sont les moins enclins à se rendre aux urnes. Ca nous permet de se poser la question suivante : est-ce qu’il y a une lacune dans notre système d’éducation à sensibiliser les jeunes à la politique et à l’importance que l’on doit y accorder? Voilà une piste intéressante à explorer.

Je sais aussi que les jeunes de notre génération sont souvent plus enclins à voter pour un tiers parti. Puisque notre système démocratique favorise énormément le bipartisme, un vote pour un tiers parti est souvent un vote perdu, qui n’aura aucun impact sur notre représentativité à l’assemblé nationale. Est-ce que ca serait plutôt ca qui découragerait plus particulièrement les jeunes de ne pas prendre part aux élections? Une autre piste intéressante à creuser à mon avis, vous pouvez justement trouver un texte que j’ai publié sur ce site dans lequel j’amène cette piste de solution. Le titre de ce texte : Réforme du mode de scrutin.

Est-ce que le problème vient aussi du fait qu’il manque d’options, de choix pour les électeurs. Ce pourrait-il que les 43% de gens qui n’ont pas pris part à la dernière élection trouvaient simplement qu’aucun des partis politiques avaient un programme fait pour obtenir leurs appuis? C’est légitime de se poser la question.

A mon avis la solution avancée par M. Gélinas est intéressante, mais insuffisante. Elle règlerait le problème du taux de participation, j’en suis certain, mais elle ne règlerait en rien ce qui le cause. Pour vous faire une image de ce que j’essaie de vous dire, c’est comme si vous vous sentiez malade et votre médecin, en vous apprenant que vous avez un cancer, vous offrait deux options. La première, vous offrir un traitement qui va éliminer tous vos symptômes. La deuxième, vous faire passer une série d’examens et de tests pour trouver où est situé votre cancer.

Bonne réflexion sur le sujet 😉

Publié le 15 octobre 2010
P-O

Je suis d’accord que c’est intéressant d’avoir une « mesure du problème ». Mais rien n’empêche aussi d’annuler son vote une fois devant l’urne.

Peut-être que les résultats électoraux devraient tout le temps comptabiliser l’ensemble des électeurs inscrits dans une circonscription et annoncer les poucentages réels sur ce total. À radio-can le soir du scrutin : « Nous confirmons la réélection de madame B dans Métropole-Sud avec 21% des suffrages, devant monsieur D avec 16% et monsieyr F avec 13%. 50% des électeurs ne se sont pas déplacés dans Métropole-Sud aujourd’hui. »

Publié le 7 novembre 2010
Michel

Si on peut produire sa declaration d’impot électroniquement par téléphone ou via INTERNET, ca devrait pas être sorcier de voter à distance de même facon pour ceux qu’on veut voir nous représenter…
Et faudrait un processus pour se débarasser de celui qui prouve ne pas pouvoir faire la job pour laquellle il fut ÉLU.
Il se disait prêt en 2003 « NOUS SOMMES PRETS », on peut s’entendre sur le fait que, 7 ans plus tard, la commission Bastarache a démontré qu’il n’était pret qu’a une chose: SOUDOYER LES PETITS AMIS DU REGIME et il a mis en place une structure innovatrice et tres efficace gérée par Madame Landry, une élue fort respectée.
Votr proportionnel et place aux jeunes, voila ou ca doit commencer…

Publié le 7 novembre 2010
Olivier Chételat

Bonjour à tous.

Je ne crois pas qu’une véritable solution dans les élections du Québec réside dans une obligation de vote.Obliger la participation électorale fera en sorte que l’on se fabriquera un voile lorsque l’on regardera les chiffres sur la participation.Cela aura effectivement pour effet d’augmenter le taux de participation mais, selon moi le problème actuel ne se réside pas la mais bien dans le désir de participer.

Il faut redonner le goût dans l’intention de prendre part à l’ascension de la société québécoise, car c’est à travers la politique et les diverses mesures qu’elle peut implanter que le Québec peut évoluer de façon significative.Le moyen le plus efficace je crois c’est de démontrer dès le secondaire et bien avant l’âge l’égal de voter, qu’il est possible de faire changer les choses si le monde participe réellement au débat politique.On n’arrête pas de leur enseigner que l’union fait la force et que le travail en groupe apporte des résultats toujours plus intéressant que le travail individuel mais pourtant ils ne voient pas que cela s’applique aussi à la politique et aux débats ainsi crées.Il est possible de faire changer les choses et la façon de le faire est simple : la participation active.

Publié le 9 novembre 2010
Jasmin Lafortune

Bonjour bonjour.

Personnellement, j’ai beau vivre dans la démocratie, mon gouvernement m’oblige à payer des taxes même si je suis un anti-conformiste. De ce côté là, l’obligation d’aller voter n’est une entrave à ma liberté plus que celle de devoir passer mon permis de conduire ou toutes autres tâches que le système impose. Par contre, je suis d’accord sur le fait que nous nous devons de trouver la source du problème. Manque de choix, mauvais mode de scrutin, trop peu d’éducation sur le sujet sont tous à la base de la problématique.

Pour emmener une piste de plus à la discussion. Un des problèmes (de plus) qui me fâche beaucoup, c’est que pendant qu’à peine 25% de la population vote en faveur d’un certain gouvernement, nos décideurs ont autant de pouvoir. La première phrase en haut de tout ce qu’on a écrit ici… celle qui dit que: « malgré les efforts du DGE et le bon vouloir des partis»… ben cette phrase là là… ben je suis pas d’accord.

Rappelez-vous l’automne où nous avons eu droit aux élections fédérales suivi d’élection provinciales. C’était certain que le taux de participation allait être bas. Tout le monde le disait que nous voulions pas d’élection. C’était prévisible que ce serait favorable au parti Libéral, car les plus vieux de notre société croient en le DEVOIR d’aller voter et que ceux-ci sont plus nombreux à voter pour ce parti.

Moi je verrais une loi qui détermine que si moins d’un certain pourcentage de personne vont voter, le parti mis au pouvoir se doit de faire des élections dans les deux ans qui suivent par exemple. Ainsi, le but des politiciens seraient aussi axé sur quand la population souhaitera voter. Peut-être que pour passer une future loi dans un gouvernement élu par un taux de participation trop basse aux élections, il y aurait besoin d’avoir plus d’élu que simplement 50% plus un des membres de la chambre des communes.

C’était la piste que je souhaitais apporté de plus à cette discussion. Bien content de vous avoir tous lu.

Jasminlafortune.com

Publié le 14 novembre 2010
Nadine Medawar

L’abstention aux élections indique aussi que beaucoup de gens ressentent que les choix disponibles au vote ne sont pas satisfaisants.

Combien de fois on se trouve à voter par pour le parti qui nous ‘dérange’ le moins?

Si on avait l’option de voter ‘aucun de ceux indiqués’, je pense qu’on aurait un taux de vote plus élevé, et les partis politiques auraient une plus grande obligation à mieux représenter leurs citoyens.

Si on permet un minimum de pourcentage de vote pour une victoire, la valeur de l’option du vote ‘aucun de ceux indiqués’ sera plus importante.

Très contente de vous lire,
Nadine.

Publié le 16 novembre 2010
Erick Poulin

Disons que le taux de participation à une élection est inférieur à 50%.
Logiquement,la majorité l’emporte en démocratie.
Et la majorité méprise tellement le Gouvernementeur, qu’elle ne se ne donne pas le trouble de se déplacer pour lui faire plaisir.

Je veux seulement qu’on respecte la démocratie et qu’aucun gouvernement ne soit porté au pouvoir si le taux de participation est inférieur à 50%.

Moi je ne veut pas financer mon ennemi avec mes taxes.
Et je peut vous dire que le gouvernement ne fais pas une cenne avec moi.

Mettez-vous donc tous sur le B.S. 2-3 mois, juste pour faire tomber ce maudit système de marde.

Publié le 22 novembre 2010
Saïvann Carignan

Le non-vote est un vote.

L’obligation de voter consiste à limiter le choix et les libertés d’un individu, et de fait, générer un simulacre de démocratie, ce qui pourrait facilement revenir à dissimuler n’importe quel mouvement totalitaire par un rideau d’illusion tranquille.

Le pourcentage de non-vote nous en dit large sur l’état de notre société. Le désintérêt d’une masse aussi importante de jeunes ne s’explique pas par l’inertie ou la paresse. Si les électeurs ne voient pas l’intérêt de voter, c’est qu’ils n’y voient pas d’avancement ni d’importances suffisantes pour justifier l’effort minuscule de cette action.

Forcer le vote nous amènerait à cacher cette vérité, qui représente tout simplement la piste la plus fidèle sur la réelle cause du problème qui pèse sur notre société.

Publié le 24 novembre 2010
Martin Gaudreault

Je suis d’accord avec le commentaire de Michel: il manque des facilitateurs pour augmenter le vote des électeurs (Vote électronique sécurisé; Voter sur plusieurs niveaux électoral dans une seule et même période d’élection; éducation démocratique), mais le plus important à mon avis et ce qui dégoute le plus les électeurs est le manque d’imputabilité qu’un gouvernement fait preuve après une élection, surtout s’il ressort majoritaire.

Je dis qu’il serait essentiel de modifier un brin les textes de lois pour obliger/inciter nos élus à respecter ce pour quoi ils ont été élus: leurs promesses!!! Je m’explique: les gens peuvent toujours s’informer du programme d’un parti, mais ils votent pour les idées et les promesses qu’ils recoivent. Et ce qui arrive souvent est que le parti élu fait tout le contraire de ce qu’il a promis de faire… Alors, si on finance le salaire de nos élus en fonction du nombre de « promesses » réellement réalisées durant le mandat, je pense que ca peut résoudre en partie le grand problème de crédibilité et de confiance que les gens entretiennent envers la classe politique. Ca veut dire: « Tu ne fais pas le travail pour lequel on t’a élu: t’auras pas de paye mon gars! »

J’irais même jusqu’à proposer un système de destitution si des pétitions le demandant rejoignent
une majorité de signataires ou tout simplement si le gouvernement en place n’a pas réalisé la moitié de ses promesses en cours de mandat.

Publié le 25 novembre 2010
Sylvia Roberge

Bonjour à tous,

Je suis en retard, je sais que l’évènement est terminé mais n’importe…

À la page 28 du numéro 6 de la revue Schlossplatz3, http://www.hertie-school.org/schlossplatz3/, vous trouverez (en anglais) un court article que j’ai écrit à ce sujet. Mais en voici un résumé:

1. Une trentaine de pays ont passé des lois visant à obliger leurs citoyens à participer au scrutin. On peut par exemple citer l’Australie, où l’amende pour une première non-participation est de 50$.

2. Attention! Dans beaucoup de pays on parle de « compulsory turnout » et non de « compulsory voting » – c’est à dire obligation de se présenter, et non de voter! On garde le droit d’annuler son vote, dans certains cas on donne même l’option « aucune de ces options ».

3. Vivre dans une démocratie n’est pas nécessairement synonyme de non-obligation de faire quoi que ce soit. Comme certains d’entre vous l’avez mentionné, on est obligés de passer un test pour obtenir un permis de conduire, de faire nos impôts (et deux fois plutôt qu’une au Québec!) et de renouveler notre carte d’assurance-maladie. Les obligations sont là, mais on y est tellement habitués qu’on ne les voit plus comme telles.

4. Les gens qui votent sont généralement plus âgés, plus riches et plus éduqués que ceux qui ne votent pas. Les résultats reflètent donc l’opinion d’une portion de l’électorat, et non de son ensemble.

5. Obliger les gens à se présenter force a) les gouvernements à mettre en place un meilleur système électoral, rendant le scrutin plus accessible et b) les partis politiques à définir leur plate-forme électorale pour attirer plus d’électeurs indécis.

Je suis d’accord avec certains d’entre vous qui recommandez d’autres changements aux modalités de vote, différents des changements du système électoral.

Ces changements, selon moi, devraient inclure:

– Adoption de moyens modernes de scrutin, plus particulièrement le vote par internet. Si le gouvernement nous permet d’obtenir un certificat de naissance par internet, il est sûrement capable d’introduire le vote par internet.
– Élections un jour de fin de semaine, donc pas besoin de fermer les écoles pour faire voter les gens dans les gymnases! (Ici, en Allemagne, ils votent le dimanche)

Pour ce qui est des changements au système électoral, on devrait introduire la représentation proportionelle qui est non seulement plus juste et démocratique puisque plus représentative de l’opinion de l’ensemble de l’électorat, mais aussi encourage la participation de petits partis qui autrement n’auraient aucune chance de se faire élire.

J’ai bien hâte de voir le compte-rendu de la conférence, n’ayant pas pu y participer de Berlin!

Bien à vous,

Sylvia Roberge

Publié le 29 novembre 2010
Mario Fortin

Bonjour

Je ne suis pas d’accord avec le vote obligatoire. Le vote est plus un droit qu’un devoir.

Sur le bulletin de vote, il faudrait ajouter la case « aucun candidat ». S’il y avait plus de vote pour le « aucun candidat », c’est donc dire qu’aucun candidat ne serait élu pour ce comté. Dans une telle situation, il y aurait alors obligation pour le gouvernement d’organiser une élection partielle où seulement des candidats indépendants se présenteraient. Le gouvernement pourrait allouer un montant d’argent pour aider les candidats indépendants à de faire connaitre et à faire connaître leurs idées. Imaginez si 50% (ou plus) des comtés étaient constitués de candidats indépendants!!

Ce mode de scrutin obligerait les partis à présenter des idées intéressantes pour favoriser le vote de leur candidat plutôt que d’un candidat indépendant.

Ce mode de scrutin donnerait aussi une option pour ceux qui considèrent que les partis ou les condidats ne sont pas à la hauteur de leurs attentes.

L’immobilisme du gouvernement est causé par les députés qui ont l’obligation de voter en fonction de la ligne du parti. Une quantité importante de candidats indépendants pourrait amener les partis à plus de rigueur.

Publié le 9 janvier 2011
Julien

Bonjour,

Il faut tout simplement plus de représentativité de la volonté populaire dans nos assemblées législatives. Le mode scrutin actuel met au pouvoir des gens qui n’ont pas eu une majorité des voix. Il faut absolument se tourner vers un mode de scrutin proportionnel-mixte.

Je vous invite à voir le Parti de la Réforme Proportionnelle-mixte
http://www.votons-prpm.org

Publié le 21 novembre 2011
Pierre-Luc

Il est assez risible que le bulletin de vote ne comprenne aucune option « aucun de ces candidats ». En ce moment, le DGE considère les bulletins blancs comme des bulletins rejetés par manque de clarté ou non respect des règles de vote. Pire, il est illégal de faire la promotion de l’abstention durant la campagne électorale, puisqu’il faut être enregistré comme parti politique ou candidat officiel pour promouvoir publiquement un choix électoral durant une période d’élection.

C’est d’auant plus absurde que l’abstention n’est même pas reconnue comme un « choix » valide au sens strict du terme.

Ce devrait être la première réforme du système électoral,avant même de penser à une proportionnelle…

Publié le 26 janvier 2012
Stratégies pour augmenter le taux de participation aux élections | Manon Lacourse

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Publié le 7 novembre 2013