Difficile d’oublier la date du 4 novembre 2008, jour de l’élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis. Difficile d’effacer ces images de joie planétaire. Difficile de ne pas être frappé par un frisson d’émotion. Difficile de ne pas essuyer une larme. Facile il y a quelques mois de condamner l’Amérique, de mettre tous les maux du monde sur le dos de ce pays. Difficile aujourd’hui, du moins pour l’instant, de soutenir ce discours antiaméricain. Une élection a suffi pour réconcilier l’Amérique et le reste du monde. Et cela grâce à Barack Obama et au système politique américain. Alors, les possibilités qu’un Obama canadien ou québécois émerge existent-elles ici?
La première possibilité, c’est de le dénicher. Il existe quelque part dans ce vaste pays. Et même s’il n’est pas encore né, couples canadiens, à vos lits. Il en sortira un, un jour. Enfin, peut-être… Peu importe sa race, sa provenance, ses origines. En ces temps où tous les sondages d’opinion montrent une fatigue politique générale. Au moment où les citoyens, pour remédier à cette fatigue, installent des gouvernements minoritaires, nos politiciens, eux, n’ont rien compris. Ils multiplient les élections, les promesses, les chicanes partisanes, etc. Ils ont même réussi l’exploit de fabriquer, en période de crise économique, une crise politique à Ottawa. Conséquence : l’électorat a décroché, surtout après avoir suivi avec passion les élections américaines. L’« Obamania » a frappé tout le monde. Canadiens et Québécois veulent croire en leur Obama, ici. Ils rêvent de le voir faire ses premiers pas. Ils attendent qu’il les fasse rêver. Qu’il leur parle d’espoir. Qu’il leur dise que les temps sont difficiles, mais qu’il ne faut pas désespérer.
La seconde possibilité réside dans la capacité de nos partis politiques à faire la place aux jeunes. À leur ouverture, à la sophistication de leurs systèmes de cooptation, à leurs aptitudes à insuffler du sang neuf. Mais nos partis sont des machines lourdes et labyrinthiques peu disposés à le faire. Peu enclins à propulser vite et bien une nouvelle tête. Pour le reste, ce Obama canadien doit compter sur lui-même. Il doit avoir du charisme pour inspirer les autres. De la compassion pour émouvoir le public. De la sincérité lorsqu’il parle des problèmes qui accablent les gens ordinaires. Comme Obama, il doit être citoyen du monde pour comprendre les enjeux mondiaux. Il doit avoir du vécu pour mieux saisir, par exemple, la nocivité du racisme, les difficultés des familles monoparentales, etc. Il doit être le symbole d’un temps nouveau. Un pont entre les générations.
La troisième possibilité est dans notre histoire politique. Plusieurs affirment qu’on n’a pas la même histoire ici. Qu’il ne faut pas comparer les États-Unis, le Canada et le Québec. Que l’histoire constitutionnelle américaine, comme l’a écrit Joseph Facal dans sa chronique du 12 novembre 2008 dans Le Journal de Montréal, exalte « la vie, la liberté et la poursuite du bonheur ». Alors que celle du Canada, toujours selon Facal, est un arrangement historique qui valorise « la paix, l’ordre et le bon gouvernement ». Quant à celle du Québec, c’est selon lui une succession d’échecs. Donc, la trame historique d’un peuple définit son existence. C’est en partie vrai. Mais l’Histoire a ses caprices. Le rêve américain est une idée simple : l’opportunité de se réaliser et l’espoir de sentir que c’est possible. Cela a moins à voir avec les guerres coloniales, les déchirures constitutionnelles, mais plus avec l’évolution des sociétés, de leur mentalité et de leur capacité à accepter la différence. Être différent (en apparence) de la majorité et avoir l’intelligence, comme Obama, de s’approprier l’histoire de son pays. Il n’y a pas longtemps, la perspective d’un président américain noir était du domaine de l’impossible. Aujourd’hui, c’est une réalité. Notre Obama canadien ou québécois, s’il se révèle un jour doit, lui aussi, s’approprier l’histoire de son pays, douce, romancée, douloureuse ou fantasmée. Le Canada et le Québec, malgré leurs imperfections, comme partout ailleurs, sont des terres d’accueil et d’ouverture. Le cas Obama est possible et souhaitable.
Enfin, toutes ces possibilités ne sont réalisables que si les jeunes décident de s’impliquer en politique. D’avoir le désir de changer leur pays et le monde. D’essayer de secouer les convenances et les conformismes. Les jeunes Américains l’ont prouvé. Peu importe nos allégeances politiques, lorsqu’on entend un Amir Kadir, co-porte-parole de Québec solidaire, solide dans son argumentaire pour convaincre les électeurs, on se dit : yes we can. Les possibilités existent. Le déclic, on l’attend.
Bello Bakary


15 juil 2009 @ 1:05
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14 juil 2009 @ 0:40
- Commentaire supprimé -
13 juil 2009 @ 17:41
Un post = Godwin law… bravo
Être nationaliste n’est pas mauvais en soit, être socialiste non plus. Le parti Nazi était surtout un parti extrêmiste voulant l’éradication d’une autre race. Rien à voir à avec la nationalisme-socialisme. En fait, les nazi n’avaient pas grand chose de socialiste considérant ce qu’il ont fait subir aux communistes…