Entre les années 1960 et 1980, le Québec a connu toute une révolution. L’avènement de la « pilule », la libération des mœurs, l’affaissement de l’autorité cléricale et parentale, l’avènement du divorce et surtout la décriminalisation de l’avortement ont façonné ces années. En somme, davantage de liberté pour la femme et une plus grande flexibilité pour les hommes et les femmes dans leurs trajectoires individuelles ou parcours de vie.
Cette révolution sexuelle est derrière nous, si l’on veut. Depuis maintenant vingt ans, l’avortement est décriminalisé. Cependant, le débat entourant la remise de la médaille du Gouverneur du Canada au Docteur Morgentaler nous rappelle que l’avortement n’a jamais fait parfaitement consensus au Québec. Selon un sondage Gallup de 2002, 32 % des Québécois trouvaient l’avortement moralement inacceptable.[1]
L’avortement est un droit acquis pour la majorité de la population. Sauf que toute progression ou évolution sociale est composée d’arrêts, de détours, de bonds et parfois même de chutes. Cela dit, à quel moment de l’histoire revisite-t-on l’état de la situation pour l’évaluer?
Avant d’aller plus loin, si vous cherchiez à positionner mon texte à l’intérieur d’un quelconque appui aux groupes pro-choix ou pro-vie, c’est que je n’ai pas réussi à transmettre l’essence de mon message. Il faut « sortir à l’extérieur » de ces groupes de pression afin de réfléchir objectivement à la situation et ce, sans idéologie de départ. Aussi, la sexualité concernant autant les hommes que les femmes, nous sommes tous concernés.
Selon l’Institut de la statistique du Québec,[2] il y a eu 28 255 interruptions volontaires de grossesses (ou avortements) pour l’année 2006. Soit 34,4 avortements pour 100 naissances. Une légère diminution en comparaison avec 2004, alors que le Québec avait atteint un sommet (29 460). La tendance est lourde depuis plusieurs années, alors que l’on comptait 7 139 avortements en 1976. Entre 1986 et 2006, il y a eu tout près de 530 000 avortements au Québec, en excluant les statistiques compilées par les Centres Locaux de Soins Communautaires (C.L.S.C.). Par ailleurs, uniquement pour 2005, la Régie de l’Assurance Maladie du Québec (R.A.M.Q.) a remboursé 30 700 ordonnances de « pilules du lendemain » aux femmes âgées de 15 à 44 ans. Le nombre d’ordonnances a doublé en seulement deux ans (15 100 en 2003).[3]
La contraception orale (la « pilule ») et la stérilisation féminine plafonnent, sauf pour la stérilisation masculine qui augmente.[4] Aucune donnée empirique sur l’utilisation des méthodes naturelles (symptothermique ou Billings, par exemple) n’est présentée. Selon une étude canadienne, le condom est utilisé par 60,4 % des hommes (51,2 % des femmes) âgé(e)s de 20 à 24 ans.[5] Malgré cela, c’est chez ce groupe de femmes que l’on compte le plus d’avortements, suivi de celui des femmes âgées de 25 à 29 ans.[6]
En additionnant les ordonnances et les avortements pratiqués annuellement, le total est impressionnant. Une question s’impose ici : est-ce qu’on a priorisé au Québec les méthodes abortives au détriment de l’éducation sexuelle?
L’éducation sexuelle et les responsabilités qu’elle engendre, autant chez l’homme que la femme, semblent déficientes en analysant ces données. Le droit à l’avortement implique des devoirs, comme tous les droits d’ailleurs. Cela dit, la révolution sexuelle, en libérant les individus, a-t-elle échoppé au passage les responsabilités sexuelles? À l’heure actuelle, l’État donne comme des « petits bonbons » les « pilules du lendemain » et s’offre comme « coussin de sécurité » pour les grossesses non désirées. D’une part, est-ce que ce sont des mesures efficaces pour responsabiliser les gens envers leur propre sexualité? D’autre part, l’explosion du nombre d’avortements serait-elle alors le reflet d’un échec de la contraception au Québec?
En un mot, le recours aux méthodes abortives comme moyen de contraception (?!) doit nous interpeller, collectivement et individuellement, à revoir nos méthodes d’éducation sexuelle et de contraception.
Si les Québécois(e)s sont aussi progressistes qu’ils aiment bien se définir, ils regarderont alors objectivement la situation et prendront en charge leur sexualité. De plus en plus, les Québécois(e)s prennent conscience de leurs responsabilités en matière d’environnement ou d’une meilleure prise en charge de leur santé, par exemple. Alors, sommes-nous prêts pour une autre révolution sexuelle, mais celle-ci, au niveau des responsabilités?
Christian Bergeron
[1] Meunier, E.-Martin, 2005, Benoît XVI : vers un divorce entre culture québécoise et Église catholique; Michel Venne et Antoine Robitaille, L’annuaire du Québec 2006, Éditions Fides.
[2] Institut de la statistique du Québec, Interruptions volontaires de grossesse, Québec, 1971-2006. En ligne : http://www.stat.gouv.qc.ca/donstat/societe/demographie/naisn_deces/naissance/415.htm
[3] Institut de la statistique du Québec, La situation démographique au Québec. Bilan 2006. En ligne : http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/demograp/pdf2006/Bilan2006c5.pdf
[4] Ibid.
[5] Agence de la santé publique du Canada, 1998, Utilisation des contraceptifs oraux et du condom. En ligne : http://www.phac-aspc.gc.ca/publicat/epiu-aepi/std-mts/std511-fra.php
[6] Op. Cit.


26 juil 2009 @ 22:44
“Nous sommes l’un des rares pays occidentaux qui n’a aucune restriction légale à l’avortement.”
http://avortementaucanada.ca/Historique/L_avortement_legal_au_Canada.html
Oui une femme au Canada peut avorter parce que son enfant n’est pas du bon sexe. Supposons qu’avec les avancement de la technologie on pourrait savoir à l’avance plein de truc sur l’enfant. La mère pourrait se faire avorter parce que l’enfant a les yeux bruns…
Autre chose, un être humain se défini par ce qu’il est et non par l’endroit ou il se trouve. L’enfant ne fait pas partie du corps du la femme au même titre qu’un objet dans une boite ne fait pas partie de la boite. Si l’enfant est suffisamment développé pour vivre une expériences avec tout ce que cela comporte, il faudrait y être sensible et tenir compte du stade de la grossesse.
Je suis aussi contre le fait que cette décision sois pris uniquement par la femme sans encadrement. Voici une comparaison : Si je suis victime d’un tentative de meurtre, est ce que je vais avoir le loisir de choisir le peine de mon agresseur. Non, je ne peux pas le condamner à la prison à vie pour ne pas avoir à vivre avec quelqu’un qui veut me tuer. C’est à un juge que revient cette décision peut importe combien c’est difficile pour la victime. Alors je me pose la question pourquoi dans un avortement, la décision revient uniquement à la femme? Forcément, on ne tient compte que d’une seule personne pour gérer le droit de cette manière.
Je ne suis pas en train de juger des cas gris difficiles à trancher. Les décisions prisent sur l’avortement semblent être une culpabilisation devant le mouvement pour la condition féminine qui mène à des résultats complètement immorales.
18 mai 2009 @ 15:29
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18 mai 2009 @ 15:28
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13 mai 2009 @ 23:55
Vraiment plus je lis les propos (une discussion entre deux adéquistes) plus je les qulaifie de profondéement individualiste,,,, C’est ce genre de propos démagogue que les adéquistes ont utiliser pour entrer au pouvoir et le perdre… CAR ÇA NE TIENT PAS LA ROUTE. Une société est une ensemble de gens et aller voir dans les pays où la justice sociale est mieux implanté et il y a plus de qualité de vie et de richesse individuelle pour une majorité… La richesse doit être partagé, mais mieux gérer dans des projet dynamique (le système coopératif et le micro crédit en sont de bons exemple) C’est parce que la justice social est mal implanté que certain comme vous croit qu’elle est mauvaise. e-ce que c,est ce genre d’idée qui circule dans Génération d’idées ??? Vraiment, c’est pas le genre d’Y qui me rassure!
Pour la prostitution je vous invite à lire “Abolir la prostitution” d’un auteur québécois qui explique très bien l dynamique néolibérale dans tout ça…
13 mai 2009 @ 23:35
(Je continue ma lancée)
Par exemple si j’arrive dans un nouveau milieu de travail et que je critique tout dans le but de changer au complet le fonctionnement de ce que je critique, je me tire dans le ….
… pied, car ce que les gens ont bâti avant moi avait un certain fondement de pertinence… C,est à moi à chercher comment il en sont arrivé là… l’objectif est de distinguer les façons de faire issu de l’expérience (sagesse) et celles issues des peurs ou des inconsciences (sclérose). La génération Y ne doit pas faire comme les BÉBÉBOUMEURS qui ont fait exploser les sytèmes comme des ados en réaction en dénigrant ses fondations … Nous devons être plus mature et faire le ménages (avec eux avant qu’ils meurent de dépressions et de cancer) pour mieux construire à partir des fondations revues tet ancrés dans la sagesse des anciens… Que reste-t-il de la sagesse des anciens ? Grosse question… Bon laissons faire le pourquoi du pourquoi… Dans le fond, mon but est de renouveler ce qui existe!! ÇA ME SEMBLE ËTRE UN TRAVAIL DE CONSCIENCE DANS NOTRE FAÇONS DE S’INFILTRER DANS CES SYSTÈMES ET DE CONTRIBUER À L’AMÉLIORATION et la révolution des mentalités de ceux qui l’opèrent. Ça commence par comprendre l’histoire profonde des mouvements sociaux (non pas les résumés politiques qu’ont nous sert à la télé)… Et ensuite, dans nos milieux, C,est possible en faisant de petites (pour ne pas perdre le moral) actions en ce sens (faire un ménage soigné de ce qui existe pour en faire ressortir le meilleur et ainsi le bonifier ou le recréer) ! Moi je pratique cela dans mon milieu de travail… politiquement, je crois aussi à cette approche… Terrible sont les décisions qui détruisent le bons de ce qui a été construit… À quand notre maison sera habitable ? (Moi je trouve que notre maison est malmenée par les tendances néolibérales sauvages… )
13 mai 2009 @ 23:14
Wow je suis traumatisée par certaines idées émisee par un certains “D” qui argumente dangereusement contre le socialisme.
À toi “D” je te demande de me parler du capitaliste et de ces biens-faits sociaux… Bonne chance car le capitalisme, selon moi, est la loi de la jungle qui nous ramène à l’animal… La social démocratie au Québec est malade et à améliorer car, dans l’histoire, les tendances de Tatcher et Regan ont travaillé fort pour imposer l’école de Chicago partout dans le monde dont au Québec par l’entremise de Lucien Bouchard (avec Déficit Zéro) qui a commencer à briser notre sysème de santé (qui permettent de faire un travail de fond (long terme) et de prévention avec la population pour diminuer les problèmes sociaux et améliorer la qualité de vie de l’ensemble de la population). Comment veux-tu q’un système basé sur la justice social soit efficace et créatif lorsque tout son personnel est brûlé ou à moitié contractuel (donc désintéressé) ???
Par rapport au texte de départ sur l’éducation sexuelle, le problèeme est la consommation du sexe (et des personnes) comme on consomme un sac de chip… Cette tendance à tout consommer (même les humains) est incité et renforcit par le plan néolibéral qui t’envahi le cerveau à chaque fois que t’ouvre la télé en croyant te le vider… Le problème c’est le manque de vision long terme dans le système… Si le système de santé comunique avec les services sociaux et les instances d’éducation (c’est le cas de plus en plus depuis les année 90) et qu’au lieu de ne développer que des campagne de sensibilisation (par des posters et des slogans) qui naissent et disparaissent pendant que d’autres fonctionnaires font des refontes dans l’enseignement en jetant le bébé avec l’eau du bain (je parle du cours d’FPS), il y auraient un travail d,améliorer de ce qui existe… à partir de ce qui a été construit. Par exemple si j’arrive dans un nouveau milieu de travail et que je critique tout dans le but de changer au complet le fonctionnement de ce que je critique, je me tire dans le…
03 mai 2009 @ 18:16
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03 mai 2009 @ 18:16
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03 mai 2009 @ 18:15
- Commentaire supprimé -
01 mai 2009 @ 17:39
Finalement pour en revenir au débat initial, je ne suis pas en désaccord avec le propos tenu, je ne suis meme pas en désaccord completement avec vos conclusions.
Quand vous me direz : A chaque avortement on fait un test de paternité et le pere déclarer sera dans l’obligation légal de déboursé la moitier des frais d’avortement, alors on pourra parlé, mais présentement, votre “solution” implique pas une diminution des relations non protéger, mais simplement que les filles devront soit accouché d’enfant non désirer ou payé a 100% les frais d’avortement.
Désoler mais les gars on a le beau jeu, tu la fous enceinte et si tu n’est finalement pu pret a etre pere, tu la sacre la, tu vas en “baisé” une autre jusqu’a ce qu’elle aussi tombe enceinte. Par ce fait je dis qu’on ne peut pas demander a la fille d’assumé a elle seule les frais d’avortement.
Par ailleurs, l’avortement est un “évenement” assez traumatisant que la majorité ne veulent pas “répetter” a plusieurs reprise. Aussi le nombre de cas d’avortement multiple n’est pas si élevé que cela en proportions. Et oui je suis d’accord qu’apres 2, 3, 4 avortement un moment donné (peut importe ou) on dise: écoute la tu vas devoir payé parce qu’un moment donné….